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Sommet Russie-Iran-Turquie pour faire avancer le règlement en Syrie

Les présidents russe, iranien et turc se réunissent jeudi dans le sud de la Russie avec l’objectif d’améliorer leur coordination pour trouver un règlement au conflit syrien, au moment où le groupe jihadiste Etat islamique (EI) est acculé et où Washington prépare son retrait militaire.

La Syrie, où huit ans de conflit ont fait plus de 350.000 morts, se trouve cette semaine au centre d’un intense ballet diplomatique avec une réunion de la coalition anti-EI à Munich et une conférence sur le Proche-Orient à Varsovie en présence du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

A Sotchi, sur les rives de la mer Noire, Vladimir Poutine et Hassan Rohani, alliés de Damas, et Recep Tayyip Erdogan, soutien des rebelles, doivent se concentrer sur les initiatives visant à faire avancer le dialogue intersyrien.

« Nous avons parcouru un long chemin » vers le règlement du conflit, a déclaré M. Poutine au début d’une rencontre avec M. Erdogan précédant le début officiel du sommet, appelant son homologue turc à y donner une « nouvelle impulsion ».

De son côté, le président turc a estimé que le retrait des 2.000 troupes américaines déployées en Syrie, annoncé en décembre par Donald Trump, est « un des défis les plus importants à venir ».

Il a ajouté que la Russie et la Turquie s’étaient mis d’accord pour mener des « patrouilles communes » afin de contenir les « groupes radicaux » dans la province d’Idleb (nord-ouest), seule région syrienne toujours aux mains de rebelles.

Il y a eu un « accord militaire » pour ces patrouilles annoncées en septembre, a-t-il ajouté sans plus de détails.

M. Erdogan a aussi appelé au départ des combattants kurdes présents dans le nord-est de la Syrie. Selon lui, « l’intégrité territoriale de la Syrie ne pourra pas être assurée et la région rendue à ses vrais propriétaires » tant qu’ils seront dans la région.

Ankara considère les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) comme un groupe terroriste. Celles-ci contrôlent la ville stratégique de Minbej et les zones syriennes à l’est de l’Euphrate depuis qu’elles en ont exclu les jihadistes de l’EI.

Avec l’appui des combattants arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) et de la coalition américaine menée par Washington, les YPG ont désormais acculé les jihadistes de l’EI sur un territoire d’à peine plus d’un kilomètre carré sur le point de tomber.

– Divergences –


La Russie s’est imposée comme un acteur incontournable du conflit depuis le début de son intervention militaire en 2015 en soutien au régime de Bachar al-Assad, qui contrôle désormais près des deux tiers du pays.

Le processus d’Astana, lancé à l’initiative de Moscou avec l’Iran et la Turquie, a en outre éclipsé les négociations parrainées par l’ONU, sans parvenir à un règlement définitif du conflit.

« L’accent sera mis sur le renforcement des efforts visant à aboutir à un règlement politico-diplomatique », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avant le début du sommet.

Selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, le sommet doit notamment être consacré à la formation d’un comité devant écrire une nouvelle Constitution pour la Syrie en vue d’une transition politique.

Fin décembre, l’ONU a admis avoir échoué à former ce comité à cause de changements de dernière minute exigés par Damas. « Mais nous sommes prêts à chercher une issue à cette situation (…) nous allons poursuivre le travail », a assuré M. Lavrov mercredi.

Le dernier sommet entre les présidents iranien, turc et russe, organisé en septembre en Iran, avait fait apparaître au grand jour leurs divergences concernant le sort de la province syrienne d’Idleb (nord-ouest).

Il avait fallu une nouvelle rencontre entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan pour éviter l’assaut souhaité par le régime syrien sur Idleb: une « zone démilitarisée » russo-turque avait été créée dans cette enclave où cohabitent des factions rebelles et qui échappe encore au contrôle des forces de Bachar al-Assad.

En vertu de l’accord russo-turc, tous les combattants radicaux, notamment les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), dominé par l’ex-branche d’Al-Qaïda, devaient se retirer de la zone d’Idleb. Mais le HTS a depuis renforcé son emprise et contrôle « plus de 90% du territoire de l’enclave » selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Le régime iranien est parallèlement au coeur de discussions à Varsovie, où une conférence sur le Moyen-Orient est organisée à l’initiative des Etats-Unis. Boudée par la majorité des pays européens, elle est destinée à intensifier la pression sur l’Iran, dont la présence en Syrie inquiète Washington, Israël et plusieurs pays arabes.



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