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Sommet UA: la zone de libre-échange en point d’orgue, sécurité en serpent de mer

Les pays de l’Union africaine vont lancer la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec), dimanche à Niamey lors de leur sommet, avec l’espoir de donner un coup de pouce au développement du continent qui reste entravé par l’insécurité.

La création à Niamey de « la zone de libre échange continentale africaine que nous nous apprêtons à sortir des fonts baptismaux » est « historique », a affirmé le président de la commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat jeudi devant les ministres des Affaires étrangères de l’UA réunis en conseil exécutif pour le sommet de l’organisation (4 au 8 juillet).

Le géant nigérian, réticent jusque là, devrait adhérer samedi (laissant seuls l’Érythrée et le Bénin comme pays non signataires).

Le lancement de la Zlec doit avoir lieu en grande pompe sous la baguette du présent nigérien Mahamadou Issoufou, un de ses plus ardents promoteurs.

Les observateurs évoquent toutefois un événement en trompe l’oeil, car d’âpres et longues négociations se poursuivent en coulisses sur la mise en oeuvre progressive de la Zlec, qui doit à terme inclure 55 pays et 1,2 milliard de personnes.

Le marché devait être actif à partir de 2020. « Il faut donner un calendrier pour que tout le monde puisse jouer son rôle dans la préparation du marché (unique), alors nous avons recommandé au sommet que la date soit le 1er juillet 2020 », a expliqué le commissaire au Commerce et à l’Industrie de l’UA Albert Muchanga.

La Zlec doit favoriser le commerce au sein du continent et attirer des investisseurs. L’UA estime que sa mise en œuvre permettra d’augmenter de près de 60% d’ici à 2022 le commerce intra-africain, alors que les détracteurs du projet évoquent le manque de complémentarité des économies africaines et craignent que des importations bon marché ne portent préjudice aux petits producteurs agricoles et industriels.

Hormis la Zlec, d’autres dossiers sont au programme des présidents et diplomates qui devront comme toujours plancher sur l’insécurité et la réponse aux attaques jihadistes.

– haute surveillance –


Les pays de la force G5-Sahel (Mali, Niger Burkina, Mauritanie, Tchad), qui peinent à être efficaces dans leur lutte contre les jihadistes en raison notamment du manque de ressources, chercheront l’appui des autres Etats africains dans leur quête d’un plus grand soutien onusien avec l’espoir de l’activation du chapitre VII, a expliqué une source sécuritaire nigérienne à l’AFP.

Le chapitre VII de la Charte des Nations unies permet, en cas de menace contre la paix ou d’agression, un recours à des sanctions voire à la force. Son activation faciliterait le financement de la force G5-Sahel (qui compte 5.000 hommes) et pourrait la transformer en force onusienne, estiment les parties impliquées.

L’amélioration de la coopération en matière de renseignements sera abordée, selon la même source.

« Aucune prospérité, aucune intégration n’est possible sans paix », a affirmé Moussa Faki.

Il a souligné « l’importance du Fonds de la paix », relancé en 2018 pour permettre à l’UA de financer rapidement ses initiatives en faveur de la paix sur le continent, et appelé les Etats membres à maintenir leurs contributions pendant le sommet.

« Le niveau actuel de contribution » est « un peu plus de 116 millions de dollars sur les 400 programmés », a-t-il dit. « Ce fonds va opérer comme un instrument de souveraineté qui confère à l’Afrique la possibilité d’affirmer sa présence sur les théâtres des conflits mais surtout de travailler en amont dans leur prévention », a-t-il ajouté.

Pour ce sommet, Niamey, qui a fait peau neuve avec un aéroport flambant neuf, des routes élargies et de nouveaux hôtels et bâtiments, la ville a été mise sous haute surveillance.

« Nous avons un dispositif spécial de plusieurs milliers d’hommes », a dit Mohamed Bazoum, le ministre de l’Intérieur d’un pays qui fait face à des attaques récurrentes de groupes jihadistes dans l’Ouest et à la secte islamiste Boko Haram dans le Sud-Est.Tous les lieux du sommet font l’objet de contrôles stricts. Soldats, policiers et blindés sont déployés aux points stratégiques de la capitale.



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