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Syrie: le chef de l’opposition pour une relance des négociations après les revers

Le chef de l’opposition syrienne en exil, Nasr al-Hariri, s’est dit favorable à une relance des négociations avec le régime sous l’égide de l’ONU pour un règlement du conflit, après avoir admis « les pertes militaires significatives » essuyées sur le terrain.

M. Hariri, négociateur en chef de l’opposition, a néanmoins estimé dans un entretien avec l’AFP jeudi que la rébellion n’avait « pas perdu la guerre », même si le régime avec l’aide de l’allié russe a infligé d’importants revers aux insurgés.

L’opposant a ainsi fustigé la communauté internationale pour avoir laissé à la Russie le champ libre pour déterminer, selon lui, l’issue du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

Alors que le régime cherche à reconquérir l’ensemble des provinces, M. Hariri a exclu une offensive du régime de Bachar al-Assad contre celle d’Idleb (nord-ouest), ultime bastion insurgé situé à la frontière avec la Turquie.

Un tel assaut « ne sera pas facile », a-t-il dit à Ryad, évoquant des « garanties » d’Ankara pour éviter une solution militaire dans cette région.

« Militairement, les pertes de l’opposition sont significatives », a reconnu le chef du Comité des négociations syriennes (CNS), qui représente les principaux groupes d’opposition.

Il a déploré « un consensus international pour stopper le soutien militaire aux forces de la révolution et de l’opposition. Et dans une large mesure, l’appui politique s’est interrompu ». « En échange, la Russie a reçu un mandat pour intervenir comme elle l’entend ».

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les rebelles contrôlent aujourd’hui moins de 10% du territoire et le régime plus de 60%.

« Il ne reste plus devant nous que le processus politique, sur la base de la déclaration de Genève et de la résolution 2254 » de l’ONU, a déclaré M. Hariri. La 2254 prévoit un gouvernement de transition regroupant figures du régime et de l’opposition ainsi que des élections libres.


L’opposition a récemment remis à l’envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura une liste de 50 noms qui doivent participer à un comité constitutionnel chargé de travailler sur une réforme de la Constitution.

« Le processus de Genève est bloqué depuis des mois et les Nations unies sont dans une position déplorable, comme nous », a regretté M. Hariri.

A ce jour, toutes les négociations régime-opposition organisées sous l’égide de l’ONU ont échoué en raison principalement de l’exigence d’un départ de M. Assad.

M. Assad a indiqué cette semaine que le prochain objectif de son armée était la province d’Idleb.

Cette région, dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, a accueilli des dizaines de milliers de personnes évacuées des ex-fiefs de l’opposition tombés aux mains du régime.

De plus la Turquie voisine y déploie également des forces.

« Il est difficile pour le régime, l’Iran et la Russie de mener toute opération, sauf si les forces turques se retirent. Sinon, ce serait annonciateur d’une guerre régionale, peut-être même mondiale », selon M. Hariri.


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