International › AFP

Syrie: poursuite des raids du régime sur Idleb, 13 civils tués

Au moins 13 civils ont été tués mercredi dans des raids aériens des forces gouvernementales syriennes visant des territoires jihadistes dans la province d’Idleb, bombardée depuis un mois par le régime de Bachar al-Assad et son allié russe.

Plus de 270 civils ont été tués depuis la fin avril par l’aviation de Damas et celle de Moscou qui pilonnent quasi-quotidiennement des secteurs dans le nord-ouest du pays, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Plusieurs hôpitaux et écoles ont également été mis hors-service.

La grande partie de la région d’Idleb, ainsi que des secteurs des provinces voisines de Hama, d’Alep et de Lattaquié, sont tenues par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d’Al-Qaïda).

Si le régime n’a pas annoncé une offensive à proprement parler contre HTS, il a intensifié les bombardements et livré des combats au sol, grignotant des zones à la périphérie du dernier grand bastion jihadiste de Syrie.

Malgré les appels à la désescalade lancés par Washington ou les Nations unies, les raids ne connaissent pas de répit.

– Enfants tués –

Mercredi, les frappes aériennes ont encore tué 13 civils, a indiqué l’OSDH. Sept civils ont notamment péri dans la localité de Sarja, sur la ligne de front séparant les territoires jihadistes des zones gouvernementales attenantes, selon l’ONG.

« Les bombardements du régime et de la Russie se poursuivent avec intensité sur plusieurs régions. Les raids russes se concentrent sur la ville de Khan Cheikhoun et ses environs », a précisé le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Une femme a par ailleurs été tuée dans des tirs de roquettes des « groupes terroristes » sur une localité contrôlée par les forces du régime dans le nord de la province de Hama, a rapporté l’agence officielle Sana.

Mardi déjà, les raids du régime sur plusieurs localités des provinces d’Idleb ou d’Alep avaient tué 27 personnes, dont onze enfants, selon l’OSDH. Il s’agissait de la journée la plus meurtrière pour les civils depuis la fin avril, selon M. Abdel Rahmane.

Depuis dimanche, les frappes aériennes et tirs d’artillerie sur les territoires jihadistes ont tué plus de 70 civils au total dont de nombreux enfants, selon l’OSDH.

Devant le conseil de sécurité, le représentant syrien à l’ONU Bachar Jaafari a réitéré mardi la détermination de son régime à reconquérir Idleb.


« La Syrie n’épargnera aucun effort pour débarrasser la population d’Idleb de l’emprise des groupes terroristes et mettre fin aux attaques contre les civils des villes voisines », a-t-il martelé, selon Sana.

Soutenu par la Russie mais aussi l’Iran et le Hezbollah libanais, le pouvoir syrien a multiplié les victoires face aux rebelles et aux jihadistes ces deux dernières années, jusqu’à asseoir son contrôle sur près de 60% du pays.

Mais Idleb est le dernier grand bastion jihadiste à échapper quasi-totalement au contrôle du régime.

– « Escalade inacceptable » –

La région fait l’objet depuis septembre 2018 d’un accord entre Moscou et Ankara qui soutient certains groupes rebelles, sur une « zone démilitarisée » censée séparer les territoires insurgés des zones gouvernementales.

Partiellement appliqué en raison du refus des jihadistes de se retirer de la future zone tampon, cet accord avait permis d’éviter une offensive d’envergure du régime de Damas. Mais celui-ci a continué de mener des raids.

Mardi, la responsable au département des Affaires humanitaires de l’ONU, Ursula Mueller, a affirmé devant le Conseil de sécurité que quelque 270.000 personnes avaient été déplacées par les violences à Idleb depuis fin avril.

Selon elle, 22 hôpitaux et cliniques ont été touchés par les frappes ou les tirs d’artillerie durant cette période. Une poursuite des opérations militaires pourrait provoquer l’arrêt total du travail des organisations d’aide, a-t-elle averti.

Les Etats-Unis, pointant du doigt à la fois le régime de Bachar al-Assad et son allié russe, ont réclamé la fin des frappes aériennes.

« Les attaques indifférenciées de civils et d’infrastructures publiques comme des écoles, des marchés ou des hôpitaux constituent une escalade inconsidérée et inacceptable », a déclaré mardi la porte-parole du département d’Etat américain Morgan Ortagus.

Déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts.



0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut