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Syrie: un journaliste citoyen parmi onze civils tués à Idleb

Un journaliste citoyen a été tué dimanche ainsi que dix autres civils dans des frappes aériennes sur la région d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, ont indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) et l’organisation des Casques blancs.

Anas al-Dyab, photographe et vidéaste de 22 ans ayant collaboré avec l’AFP, a péri dans des raids russes sur la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb, selon l’OSDH et les Casques blancs, des secouristes opérant en zones rebelles.

« La Défense civile syrienne pleure la chute du héros Anas al-Dyab », ont annoncé sur Twitter les Casques blancs, dont il était un des bénévoles.

Il est décédé des suites de « trois frappes aériennes russes alors qu’il documentait le bombardement aérien de sa ville de Khan Cheikhoun ce matin », a précisé l’organisation.

« C’est une grande perte pour nous », a déploré le directeur de l’organisation, Raëd Saleh.

Selon un journaliste de l’AFP, plusieurs secouristes ont afflué dimanche pour un dernier adieu à leur camarade, dont la dépouille a été déposée sur une épaisse couverture rouge.

Né en 1997, Anas al-Dyab fait partie d’une fratrie de quatre enfants.

« L’un de ses trois frères est détenu par le régime syrien » depuis plusieurs années, selon M. Saleh.

Cible de frappes intenses depuis fin avril, la ville de Khan Cheikhoun était devenue fantôme, plusieurs milliers de ses habitants ayant fui les bombardements.


Mais Anas « a choisi de rester avec ses collègues », selon les Casques blancs.

Il a été tué alors qu’il « essayait de montrer au monde ce qui se passe en Syrie », a déploré M. Saleh.

Selon l’OSDH, le journaliste citoyen s’était réfugié dans le sous-sol d’un immeuble de trois étages, en compagnie de deux membres du groupe rebelle de Jaich al-Ezza.

D’après la même source, dix autres civils, dont trois enfants ont été tués dimanche ailleurs dans la région d’Idleb.

Depuis fin avril, le régime de Bachar al-Assad et son allié russe ont intensifié leurs bombardements sur cette province, dominée par les jihadistes et qui échappe toujours au contrôle de Damas. Plus de 600 civils ont péri dans ces raids, selon l’OSDH, tandis que plus de 330.000 personnes ont été déplacées, d’après l’ONU.

Les Casques blancs, soutenus par l’Occident, ont été nominés pour le prix Nobel de la paix en 2016. Mais Moscou et Damas accusent le groupe de complicité avec les rebelles et les jihadistes.

Déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts.



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