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Tarifs du Hadj, politique et droits de l’homme au menu des journaux camerounais

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La mise au point du gouvernement, par rapport à la hausse controversée des tarifs du pèlerinage à la Mecque, s’affiche en vedette dans les journaux camerounais à côté des sujets traitant de la situation des droits de l’homme dans les régions anglophones et de la politique.«Hadj : la question qui fâche», «Hadj 2019 : le gouvernement n’a augmenté aucun prix», «revalorisation du coût du Hadj 2019 : le gouvernement n’y est pour rien», «Hadj 2019 : aucune augmentation», «Augmentation observée dans le coût du pèlerinage à la Mecque en 2019 : ce n’est pas le fait du gouvernement de la République», titrent respectivement Le Jour, InfoMatin, Cameroon Tribune, Le Soir et Le Quotidien.

Le jeûne du ramadan a débuté lundi au Cameroun, dans un contexte tendu où les candidats au pèlerinage en Arabie saoudite ont appris, avec effroi, qu’ils débourseront 287.000 FCFA de plus que l’année dernière pour accomplir l’un des 5 piliers de l’islam, explique la première publication citée.

Accusé d’être responsable de cette hausse, le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, est monté au créneau lors d’un point de presse tenu la veille pour invoquer une «hausse mécanique involontaire», du fait du renchérissement des frais de visa, du prix du transport interurbain et de la fluctuation du dollar.

«Paul Atanga Nji évacue la polémique», renchérit Mutations, soulignant que les chefs religieux et leaders des associations musulmanes ont fini par se rendre aux arguments du gouvernement.

«Lorsqu’on essaie d’étudier les prix du Hadj tels que pratiqués dans certains pays comme le Maroc, le Mali, le Sénégal, l’on constate que ces coûts, bien que subventionnés par ces gouvernements, restent plus élevés que ceux du Cameroun. Les chefs de communautés ont été très compréhensifs», explique le Minat dans les colonnes du quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune.

Voilà donc une affaire de réglée. Quid du désordre urbain à Yaoundé et Douala ? s’interroge la même publication au sujet de l’anarchie à laquelle le gouvernement a décidé de s’attaquer dans les métropoles politique et économique du pays.

Alors que le phénomène s’amplifie, la bataille vient d’être engagée par les autorités administratives et municipales à travers plusieurs mesures restrictives, touchant notamment à la circulation des motos-taxis.

Outre l’interdiction d’exercice dans les zones centrales et la limitation à des points précis des mouvements des bend-skineurs», ainsi qu’on les surnomme à travers le pays, la police municipale, explique Mutations, sera désormais identifiée par une tenue vestimentaire.

Doit-on pour autant croire à la fin des polémiques ? s’interroge Le Messager qui, se faisant l’écho du dernier rapport de l’ONG Human Rights Watch, dénonce des cas de torture et de détention au secret, attribuées au gouvernement dans la cadre de la crise sécessionniste anglophone.


The Guardian Post, citant la même source, va plus loin en exploitant également les plaintes des Nations Unies sur le même sujet, qui demandent au régime de Yaoundé de cesser les exactions contre les combattants séparatistes.

The Info abonde dans le même sens et, rappelant la récente visite dans le pays du haut-commissaire de l’Onu pour les droits de l’homme Michelle Bachelet, il indique que tous les comptes rendus, faits à l’hôte du Cameroun par les partis de l’opposition et les responsables de la société civile, tendent à incriminer le pouvoir dans les restrictions des libertés publiques et l’escalade de la violence dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Comme pour anticiper sur une éventuelle inscription de la situation du Cameroun devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Paul Biya, affirme The Horizon a multiplié, devant son interlocutrice, les promesses de mesures «radicales» pour le renforcement de la confiance, dans la résolution de la crise anglophone et pour accélérer la libération du leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto et quelque 200 fidèles, incarcérés pour manifestations illégales.

Sur la base du message adressé aux Nations Unies par le gouvernement, l’approche adoptée jusqu’ici par le régime de Biya alimente plutôt les sentiments pro-séparatistes parmi les Camerounais d’expression anglaise, appuie Le Guideon.

Est-ce donc le crépuscule du régime ? s’interroge avec appétit l’hebdomadaire satirique Le Popoli, représentant le chef de l’État en taureau bourré de gaz, de pétrole, d’uranium, d’or et autres matières premières, pourchassé par des dirigeants occidentaux criant : «Tu ne fuiras pas bien longtemps !»

Ainsi renvoyé dans ses derniers retranchements, le président de la République, constate Mutations, est devenu «le tweetologue», lui qui, réputé taiseux, est désormais hyperactif sur les réseaux sociaux pour appeler le peuple au patriotisme ou disserter sur la promotion des valeurs qui fondent le vivre-ensemble.

«Dans l’attitude de Paul Biya, on perçoit qu’il veut s’attirer la sympathie et les faveurs du peuple souverain, qui, pour une bonne partie, le trouve distant et trop lent à impulser les actions susceptibles de transformer son quotidien.»

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