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Thaïlande: confusion autour de la candidature de la soeur du roi

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La candidature de la soeur du roi de Thaïlande au poste de Premier ministre semblait compromise samedi, son parti annulant un grand meeting électoral, après le trouble semé par la désapprobation du palais.

« Je tiens à le répéter, avec sincérité: je veux que la Thaïlande aille de l’avant et soit reconnue par la communauté internationale », a indiqué samedi la princesse Ubolratana sur Instagram, son moyen de communication privilégié jusqu’ici, sans dire explicitement qu’elle maintenait sa candidature.

Signant du hashtag « LoveLove », la princesse ajoute dans ce mail cryptique: « Je veux que tous les Thaïlandais aient des droits et des opportunités ». Elle s’inscrit ainsi dans la droite ligne politique de Thaksin Shinawatra, bête noire des élites conservatrices ultra-royalistes, qui le voient comme un dangereux populiste, dans une société qui est l’une des plus inégalitaires au monde.

Ubolratana, 67 ans, ne dit pas un mot dans son message de samedi de la désapprobation du palais à sa candidature au poste de Premier ministre sous l’étiquette du parti Thai Raksa Chart, dirigé par le clan de Thaksin Shinawatra, milliardaire et ancien Premier ministre en exil.

Signe inquiétant quant à l’éventuel retrait de sa candidature: le parti Thai Raksa Chart a annulé un premier rassemblement de campagne, en vue des élections législatives du 24 mars, qui était prévu samedi après-midi à Bangkok. « L’évènement prévu aujourd’hui est annulé », a annoncé samedi matin le parti sur Line, sans plus d’explication.

Les questions se multipliaient quant à la suite des évènements: le roi n’a-t-il vraiment pas été consulté? Ou la désapprobation du palais diffusée vendredi soir à la télévision est-elle seulement de la poudre aux yeux, pour calmer la vieille garde, qui voit d’un mauvais oeil cette modernisation de l’institution royale?

« Séisme politique », titrait le Bangkok Post en Une samedi, appelant cependant à une « clarification du statut royal de la princesse ».

Thaksin Shinawatra a toujours été vu par la vieille garde du palais et les militaires comme une menace pour la royauté. D’où les coups d’Etat de 2006 et 2014 contre son gouvernement et celui de sa soeur, Yingluck.


– Rupture? –

Mais depuis la prise de pouvoir par les généraux en 2014, le roi Bhumibol Adulyadej est mort et son fils Maha Vajiralongkorn lui a succédé et a commencé à réformer le palais. D’où le fait que la candidature de sa sœur ait été perçue comme un signe de rupture sans précédent avec l’époque Bhumibol.

Aucun membre de la famille royale n’avait jamais brigué le poste de chef du gouvernement depuis l’établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932.

Une des autres grandes inconnues samedi restait la réaction de la junte militaire, dont le chef est lui aussi candidat au poste de Premier ministre à l’issue des législatives de mars, en concurrence directe avec la princesse.

Samedi, les partisans de la candidature du chef de la junte, Prayut Chan-O-Cha, au poste de Premier ministre en cas de victoire de son parti aux législatives de mars ont sorti des affiches de campagne avec leurs candidats aux législatives au côté du général.

Pour l’heure, aucune affiche avec la princesse Ubolratana n’a encore été imprimée.

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