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Thaïlande : des partis proches du clan Shinawatra mobilisés avant une décision de justice cruciale

Les partis thaïlandais liés au puissant clan Shinawatra organisent ce week-end de vastes rassemblements avant une décision de justice qui pourrait porter un coup sérieux en vue des élections qui se tiendront plus tard ce mois-ci.

Ces meetings se tiennent samedi dans tout le pays, y compris dans la ville de Chiang Mai d’où est originaire l’ex-Premier ministre controversé, le milliardaire Thaksin Shinawatra. Des militants du parti Pheu Thai ont promis devant la foule réunie dans un stade le développement économique et des incitations en faveur des entrepreneurs.

Des milliers de personnes ont convergé également vers le centre historique de Bangkok tard vendredi pour soutenir la campagne du Thai Raksa Chart, l’un des partis affiliés au clan Shinawatra. Cette formation politique pourrait cependant être dissoute par la Cour Constitutionnelle le 7 mars après que sa tentative de présenter une princesse comme candidate au poste de Premier ministre eut tourné au fiasco.

Les partisans de Shinawatra estiment que la Cour tient entre ses mains l’avenir de la démocratie thaïlandaise à l’heure où la junte est déterminée à retourner au pouvoir sous la forme d’un gouvernement civil qui serait mené par son leader Prayut Chan-O-Cha.

Les tensions montent au sein de Thai Raksa Chart à l’approche de la décision de justice, mais le parti « va continuer à faire campagne », a notamment assuré Umesh Pandey, l’un des candidats du parti.

« Si (le parti) est dissous, cela mettra gravement à mal nos espoirs dans la démocratie », a relevé Chailerm Phothijad, 55 ans, interrogé lors du meeting de Bangkok.

La Thaïlande, théâtre d’une succession de coups d’Etat, manifestations violentes, et de gouvernements civils éphémères depuis 2006 quand l’armée avait chassé Thaksin Shinawatra du pouvoir, reste profondément divisée.


Shinawatra, en exil pour éviter la prison en Thaïlande, est adulé des cultivateurs de riz et d’une grande partie de la classe ouvrière urbaine pour ses politiques en faveur des pauvres et pour avoir dynamisé l’économie.

Il est en revanche vilipendé par l’élite royaliste, dont les alliés n’ont pas réussi à le battre aux élections depuis 2001 et ont dû recourir aux coups d’Etat et aux décisions de justice pour renverser les gouvernements qu’il soutenait.

Si l’avenir du Thai Raksa Chart est incertain, un autre parti opposé à la junte émerge en tant que force politique potentiellement importante: Future Forward, mené par Thanathorn Juangroongruangkit, 40 ans, milliardaire héritier du plus grand fabricant de pièces détachées du pays, et favori chez les 18-25 ans.

D’autres rassemblements sont prévus pour dimanche.

La Constitution controversée de la Thaïlande élaborée par la junte permet aux militaires de désigner 250 membres du Sénat, dont le vote comptera pour le choix du prochain Premier ministre.

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