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Trois explosions à Kaboul, au moins 10 morts

Au moins dix personnes ont été tuées et plus de quarante autres ont été blessées jeudi matin à Kaboul où se sont produites trois explosions, la violence s’intensifiant ces dernières semaines avant la prochaine présidentielle, a-t-on appris auprès de responsables.

Un kamikaze à moto s’est fait exploser contre un mini-bus du ministère des Mines et du Pétrole vers 08H10 (03H40 GMT) dans l’est de la ville, a déclaré Nasrat Rahimi, le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

L’attentat-suicide a été suivi par l’explosion d’une bombe artisanale, dans la même zone, puis par une attaque à la voiture piégée contre « des civils », dans un autre quartier de Kaboul, a-t-il poursuivi.

Au total, onze civils, dont cinq femmes et un enfant, ont été tués et 45 blessés, a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Le porte-parole du ministère de la Santé Wahidullah Mayar a de son côté fait état de dix morts et 41 blessées.

Les talibans ont revendiqué la troisième explosion, selon eux l’oeuvre d’un de leurs kamikazes qui s’est fait sauter contre un convoi de forces étrangères, d’après leur porte-parole Zabiullah Mujahid.

Ils ont toutefois affirmé n’avoir rien à voir avec les deux premières attaques.

Mercredi, un soldat croate avait été tué et deux autres blessés quand un kamikaze taliban s’était fait exploser dans Kaboul contre le véhicule blindé dans lequel ils circulaient.

La violence s’est intensifiée ces dernières semaines en Afghanistan, alors que se profile l’élection présidentielle, prévue le 28 septembre. La campagne électorale doit officiellement démarrer dimanche.

Les précédents scrutins avaient été marqués par des attentats sanglants, les talibans et d’autres groupes extrémistes s’efforçant de déstabiliser la fragile démocratie afghane.


– ‘Haine et dégoût’ –

Les Etats-Unis mènent depuis des mois des pourparlers avec les talibans pour tenter de parvenir à un accord de paix après bientôt 18 ans de guerre. Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo s’est fixé comme objectif d’y parvenir d’ici au 1er septembre.

Une nouvelle série de pourparlers entre l’envoyé spécial américain pour la paix en Afghanistan Zalmay Khalilzad et les talibans est prévue au Qatar dans les jours à venir. M. Khalilzad est actuellement à Kaboul.

« Les talibans mènent des pourparlers, tout en multipliant de tels crimes contre l’humanité », a tonné le président Ashraf Ghani, qui s’agace régulièrement d’être tenu à l’écart de ces discussions.

« Mais ils doivent savoir qu’ils n’auront aucune influence sur les pourparlers de paix et qu’ils n’échapperont pas à la haine et au dégoût du peuple », a-t-il poursuivi dans un communiqué.

Le président Donald Trump a fréquemment répété qu’il voulait sortir les Etats-Unis de leur plus longue guerre, après bientôt 18 ans de présence des troupes américaines sur le sol afghan.

Cette semaine, il a provoqué la colère de Kaboul quand il a déclaré que les Etats-Unis auraient facilement pu gagner ce conflit, mais qu’ils ne voulaient pas « tuer dix millions de personnes » ou « faire disparaître (l’Afghanistan) de la surface de la terre ».

Les forces afghanes et les talibans continuent de leur côté de s’affronter quotidiennement et de s’infliger mutuellement de lourdes pertes. Des affrontements tuent et blessent des dizaines de civils.

Jeudi, une voiture transportant une famille se rendant à un mariage a sauté sur une mine artisanale dans le Nangarhar (Est), faisant neuf morts, dont six femmes et 3 enfants, a déclaré Attaullah Khogyani, le porte-parole du gouvernement de cette province instable.



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