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Trump en campagne à El Paso: le mur, le mur, le mur

Donald Trump retrouve les estrades de campagne lundi à El Paso, ville frontalière avec le Mexique, pour vanter le mur qu’il réclame à cor et à cri, un oeil sur les négociations au Congrès, un autre sur la présidentielle de 2020.

Ce premier meeting « Make America Great Again » de 2019, prévu à 19H00 (02H00 mardi), est lourd d’enjeux pour le président américain qui exige le déblocage de 5 milliards de dollars pour la construction de l’édifice controversé.

Deux heures plus tôt, à quelques centaines de mètres de là, Beto O’Rourke, qui pourrait bien être l’un des acteurs centraux des primaires démocrates, participera lui à une « Marche pour la vérité ».

« Nous ferons face aux mensonges et à la haine avec la vérité et une vision pour l’avenir », a indiqué, dans une vidéo avec sa fille Molly, ce quadragénaire parfois comparé à Barack Obama.

« Tout le monde est le bienvenu », a ajouté celui qui a promis de se prononcer sur ses ambitions présidentielles d’ici la fin du mois de février.

La manifestation, organisée par plusieurs ONG, vise à dénoncer « l’obsession de Trump sur le mur frontalier et le prisme déformant avec lequel il décrit la vie à El Paso ».

La semaine dernière, lors de son discours annuel devant la Congrès, le locataire de la Maison Blanche a cité la ville en exemple, avec un argument qui n’a pas, loin s’en faut, plu à tous ses habitants.

« Elle avait un taux extrêmement élevé de crimes violents et était considérée comme l’une des villes les plus dangereuses du pays », a-t-il affirmé. « Depuis qu’une puissante barrière a été mise en place, El Paso est devenue une des villes les plus sûres du pays ».

Conclusion présidentielle? « Les murs fonctionnent, les murs sauvent des vies ».

Sauf que la description d’El Paso ne résiste pas à l’analyse des faits et des chiffres.

– « Désinformation » –


La construction d’une barrière a bien eu lieu sur place en 2008/2009. Or, sur les 30 dernières années, le pic de la criminalité se situe au milieu des années 90, avec une baisse d’environ un tiers des crimes violents entre 1993 et 2006.

« El Paso est l’une des communautés les plus sûres des Etats-Unis, et ce depuis bien avant que le mur soit construit », a souligné l’élue démocrate Veronica Escobar, qui estime que le président américain doit des excuses aux habitants. « Cette désinformation fait des dégâts », a-t-elle ajouté.

A quatre jours d’un possible nouveau « shutdown » (paralysie des administrations fédérales), les deux rassemblements seront scrutés avec attention.

Au Congrès, où les démocrates refusent de débloquer des fonds pour un mur qu’ils jugent inefficace et « immoral », les négociations sont dans l’impasse.

Après 35 jours de blocage, un record dans l’histoire des Etats-Unis, Donald Trump avait finalement cédé fin janvier, signant une loi budgétaire permettant de payer les salaires de quelque 800.000 fonctionnaires fédéraux.

Mais le répit n’a été que temporaire, et la nouvelle échéance, fixée au 15 février, est déjà là.

Depuis plusieurs semaines, la Maison Blanche brandit la menace d’un recours à une procédure d’urgence exceptionnelle pour débloquer les fonds nécessaires sans passer par le Congrès.

Une loi de 1976, le « National Emergencies Act », autorise en effet le président des Etats-Unis à invoquer une « urgence » nationale pour activer des pouvoirs extraordinaires.

Conscient qu’une telle initiative, qui ne fait pas l’unanimité dans son camp, ne manquerait pas de déclencher une féroce bataille politico-judiciaire, Donald Trump s’est jusqu’ici gardé gardé de franchir le pas.

Mais la donne pourrait changer dans les jours qui viennent.

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