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Tunisie: manifestation d’enseignants après des mois de grève des notes

Plusieurs milliers d’enseignants ont manifesté mercredi à Tunis pour réclamer des primes et une amélioration de leurs conditions de travail, après des mois d’interruption des examens dans les lycées, a constaté l’AFP.

« Dégage! », « Ministre de l’échec!, la solution c’est la démission! », ont scandé à l’adresse du ministre Hatem Ben Salem des manifestants rassemblés devant le ministère à l’appel de la puissante centrale syndicale UGTT.

Un bras de fer oppose depuis 2017 le chef de file du syndicat dans l’enseignement secondaire, Lassaad Yakoubi, et le ministre Hatem Ben Salem.

Les enseignants du secondaire ont massivement fait la grève des notes depuis octobre, en dépit d’appels de l’UGTT à cesser ce boycott.

A défaut d’examens, les lycéens sont déboussolés, et craignent de perdre une année scolaire. Plusieurs manifestations de parents et d’élèves ont eu lieu ces dernières semaines.

Le syndicat réclame des départs anticipés à la retraite, des primes et des lycées en meilleur état.


« Nous sommes prêts à des négociations sérieuses et à la signature d’un accord », a assuré à l’AFP Lassaad Yacoubi, secrétaire général de la Fédération de l’enseignement secondaire, affiliée à l’UGTT. « La question d’une année blanche est de la responsabilité du gouvernement », a-t-il accusé.

Cette manifestation organisée en période de vacances scolaires, avant une reprise des négociations, intervient alors que l’UGTT appelle à une grève générale des services publics le 20 et 21 février.

Si une solution n’est pas trouvée d’ici là par la négociation, il s’agirait de la troisième grève massive en quelques mois, contre le gouvernement et contre le Fonds monétaire international.

En difficulté financière, le pays a obtenu en 2016 du FMI un prêt de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans, en promettant de mener de vastes réformes, dont une diminution du poids de la fonction publique.

Malgré les avancées démocratiques après la chute de Zine el Abidine Ben Ali en 2011, et une récente reprise de la croissance, les dirigeants tunisiens peinent à répondre aux attentes sociales de la population, frappée notamment par une inflation à 7,5%.



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