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Turquie: Erdogan commémore la mise en échec du putsch de 2016

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La Turquie commémorait lundi la mise en échec de la tentative de putsch de 2016, une occasion pour le président Recep Tayyip Erdogan de se poser en défenseur de la nation dans un contexte économique et politique difficile.

Une série de cérémonies, dont plusieurs discours de M. Erdogan et l’inauguration d’un musée à 19H00 GMT à Istanbul, sont prévues tout au long de la journée pour marquer « le 15-juillet », un jour désormais férié en Turquie.

Pour M. Erdogan, ces cérémonies, alors qu’il est cerné par les difficultés, avec une économie chancelante, une spectaculaire défaite électorale à Istanbul le mois dernier et les signes annonciateurs d’une nouvelle crise avec l’Occident, offrent aussi l’occasion d’afficher sa fermeté.

« La nation turque envoie un puissant message d’unité et de solidarité au monde : plutôt mourir que laisser les traîtres et les putschistes détruire notre pays, notre liberté et notre dignité », a déclaré sur Twitter le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin.

Les hommages ont commencé à la mi-journée avec le dépôt par le chef de l’Etat d’une gerbe de fleurs au pied d’un immense monument établi devant le palais présidentiel.

Avant de se rendre à Istanbul, il devait ensuite assister à une séance spéciale au parlement, puis inaugurer le nouveau siège de la Sûreté générale à Ankara, les anciens locaux ayant été bombardés dans la nuit du putsch manqué.

Il y a trois ans, dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, des éléments factieux de l’armée ont tenté de s’emparer du pouvoir en bombardant des sites stratégiques à Ankara et en déployant des chars dans les rues de la capitale et d’Istanbul.

Selon l’agence de presse étatique Anadolu, 8.000 militaires ont pris part à la tentative de putsch cette nuit-là, utilisant notamment 35 avions, trois navires, 37 hélicoptères et 74 blindés.

L’intervention d’éléments loyalistes au sein des forces de sécurité et de milliers de partisans de M. Erdogan descendus dans la rue à l’appel du président avait permis de mettre le putsch en échec. Près de 250 personnes, hors putschistes, ont été tuées.


– Regain de tension –

Ankara impute la tentative de putsch au prédicateur Fethullah Gülen, un ancien allié de M. Erdogan devenu son pire ennemi. M. Gülen, qui réside depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis, nie toute implication.

Trois ans après, les purges contre les partisans présumés de M. Gülen se poursuivent à un rythme soutenu, avec des vagues d’arrestations hebdomadaires.

Les procédures judiciaires lancées après ce coup de force avorté sont d’une ampleur sans précédent en Turquie. Plus de 55.000 personnes ont été arrêtées et plus de 150.000 limogées de la fonction publique.

Ankara affirme par ailleurs avoir obtenu l’extradition de 110 suspects par une vingtaine de pays.

Dans la foulée du putsch manqué, la Turquie, membre de l’Otan, a pris ses distances avec l’Occident, accusé par Ankara de « manquer d’empathie », et s’est rapprochée de la Russie.

La commémoration du putsch manqué coïncide avec un regain de tension entre la Turquie et ses partenaires occidentaux lié à l’achat par Ankara de missiles russes et aux forages gaziers turcs au large de Chypre en dépit des pressions européennes.

La livraison des batteries antiaériennes russes S-400 a débuté en fin de semaine dernière et se poursuivait lundi avec l’arrivée de deux nouveaux avions transportant des éléments du système de défense.



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