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Turquie: verdict attendu dans un vaste procès du putsch manqué

Un tribunal turc doit rendre jeudi son verdict contre plus de 200 prévenus, dont une majorité de militaires, dans l’un des plus grands procès en lien avec le putsch manqué de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.

Les 224 personnes, dont une vingtaine d’anciens généraux, jugées au cours de ce procès sont accusées notamment de « violation de la Constitution », « assassinat de 250 personnes » et « appartenance et direction d’une organisation terroriste ».

Le procureur a requis des peines de prison à vie aggravée contre près de quarante d’entre eux, selon les médias turcs.

Dans ce procès, 176 accusés comparaissent en détention provisoire, 35 libres et 13 sont toujours recherchés.

L’audience se tient dans la prison de Sincan, près d’Ankara, où une immense salle d’audience a été construite spécialement pour accueillir les procès géants liés au putsch manqué.

La tentative de coup d’Etat qui s’est déroulée dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016 a fait près de 250 morts, sans compter les putschistes, et des milliers de blessés.

Ankara impute cette tentative de renverser le président Erdogan à son ancien allié Fethullah Gülen, un prédicateur islamiste installé aux Etats-Unis depuis une vingtaine d’années.

L’intéressé, dont Ankara n’a de cesse de demander l’extradition, dément tout rôle dans le putsch manqué.

– Plus de 3.000 condamnations –


Les procédures judiciaires lancées après le putsch avorté sont d’une ampleur sans précédent en Turquie. Plus de 55.000 personnes ont été arrêtées lors de purges engagées après le 15 juillet.

A ce jour, 3.239 personnes ont été condamnées à l’issue de 261 procès liés au putsch, et 28 procès sont encore en cours, selon des chiffres du ministère de la Justice.

Parmi les accusés de premier plan jugés jeudi, outre M. Gülen, figurent l’ancien chef de l’armée de l’air, Akin Öztürk, l’ancien général Mehmet Disli, frère de l’ambassadeur de Turquie aux Pays-Bas, ainsi que le colonel Ali Yazici, ancien aide-de-camp militaire de M. Erdogan.

En mai, le procureur avait requis la relaxe de 12 accusés dont les noms n’ont pas été diffusés.

Lors de l’ouverture du procès en mai 2017, des familles de victimes du putsch s’étaient rassemblées devant le tribunal, exigeant le rétablissement de la peine de mort, abolie dans le cadre de la candidature turque à l’Union européenne.

Si le président Erdogan a assuré à plusieurs reprises qu’il était disposé à la rétablir, évoquant même un potentiel référendum sur le sujet, aucune mesure en ce sens n’a encore été prise.

Selon l’acte d’accusation, plus de 8.000 militaires ont pris part à la tentative de putsch, au cours de laquelle 35 avions de guerre, 37 hélicoptères, 74 chars, 246 véhicules blindés et près de 4.000 armes légères ont été utilisés par les putschistes.



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