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Ukraine: le patriache russe espère la fin de discriminations « inadmissibles » contre certains orthodoxes

Le patriarche orthodoxe russe Kirill a dit lundi à Strasbourg espérer que les discriminations « absolument inadmissibles », dont sont victimes selon lui certains orthodoxes en Ukraine, allaient prendre fin grâce à l’élection du président Zelensky, qui vient de prendre ses fonctions.

« J’espère vivement que cette politique absolument inadmissible, non seulement en Europe mais partout dans le monde, lorsque des gens sont soumis à la discrimination, même pas en fonction de leur foi mais de leur appartenance à telle ou telle église, sera définitivement rayée de la vie des Ukrainiens », a déclaré le patriarche avant de s’envoler pour la Russie, à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjørn Jagland et la Commissaire aux droits de l’homme de l’institution Dunja Mijatović.

« En Europe, les droits d’un grand nombre d’orthodoxes ont été violés de manière flagrante », a estimé le patriarche de Moscou, déplorant « les souffrances réelles de gens rien que pour le fait de vouloir rester fidèles à l’Eglise orthodoxe russe tout en appartenant à leur communauté de fidèles ukrainiens ».

« Les derniers changements qui ont eu lieu en Ukraine à la suite de l’élection d’un nouveau président nous donnent des espoirs », a-t-il ajouté, alors que Volodymyr Zelensky, comédien devenu à 41 ans le plus jeune président de l’Ukraine post-soviétique, a été investi le 20 mai.

Début janvier, le Patriarcat de Constantinople, qui fait figure d’autorité dans le monde orthodoxe, avait officialisé la création de la nouvelle Eglise orthodoxe ukrainienne, indépendante de la tutelle religieuse de Moscou.

La Patriarcat de Moscou, qui dispose toujours d’un grand nombre de paroisses en Ukraine, avait dénoncé cette décision comme « illégale » et rompu ses liens avec Constantinople.

Dimanche à Strasbourg, le patriarche Kirill a consacré une nouvelle église orthodoxe, l’église orthodoxe russe de Tous les Saints, dont le bulbe doré se dresse à quelques centaines de mètres des institutions européennes, Parlement européen et Conseil de l’Europe.

Un emplacement à valeur de symbole, alors que la Russie et le Conseil de l’Europe sont en crise depuis l’annexion de la Crimée par Moscou.


Les parlementaires russes qui y siègent ont été privés de leurs droits de vote et Moscou a répliqué par la politique de la chaise vide puis, depuis 2017, en ne versant plus sa contribution au budget annuel, ce qui devrait théoriquement entraîner son exclusion de l’institution paneuropéenne au bout de deux ans.

Il y a quelques jours, la France, qui préside pour six mois le Conseil de l’Europe, a joué l’apaisement en assurant que Moscou avait « toute sa place » dans cette instance.

« Je n’ai rien vu dans la position du secrétaire général qui pourrait empêcher la Russie de reprendre sa participation de plein droit au Conseil de l’Europe », a souligné lundi le patriarche Kirill.

Interrogé sur des propos qu’il avait tenus samedi selon lesquels trois églises par jour seraient construites en Russie, le patriarche a déclaré que « ces neuf dernières années, 9.000 églises ont été construites en Russie, ce qui fait en moyenne trois églises par jour ».

« La construction d’églises, ce n’est pas un plan de quelqu’un qui est au pouvoir, les églises sont construites par les gens et pour les gens, pour répondre à leurs besoins », a-t-il insisté.

En décembre 2016, il avait consacré en grande pompe la cathédrale orthodoxe du Quai Branly à Paris, manifestant la soif de rayonnement dans le monde de l’Eglise orthodoxe russe.

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