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Un conseiller de Paul Biya se rebelle et crée un mouvement

Le conseiller aux affaires économiques du chef de l’État camerounais, Christian Penda Ekoka a annoncé, lundi, le lancement d’un mouvement dénommé «Agir» afin de faire face à «un mal dont l’origine est profondément politique».Se disant «porteur, avec des jeunes, d’un projet, d’une vision, d’un mouvement qui visera à changer les mentalités, renforcer les capacités et influencer le champ politique afin qu’émerge un État réformé où règne la démocratie, justice, le droit et la prospérité pour tous», il dénonce, dans une brève déclaration, les manifestations économiques et sociales (atonie de la croissance, aggravation de la précarité, des inégalités, de la pauvreté et de l’insécurité) dont souffre son pays.

Ne précisant pas si son mouvement était un parti politique, ou un syndicat, mais rappelant avoir été, depuis une quarantaine d’années, associé à de nombreuses réflexions ayant abouti à des propositions de réformes majeures, M. Penda Ekoka met en avant sa forte expérience dans la consultation internationale, au service de nombreux pays, ainsi que les conclusions de plusieurs recherches sur les causes de la prospérité et de la pauvreté des nations.

Dans un style indirect, mais qui s’adresse manifestement au régime de Yaoundé, il fait état d’une forte corrélation entre l’architecture des institutions politiques d’un pays, d’une part, et sa dynamique de prospérité, d’autre part : dans les pays à institutions politiques ouvertes, les dirigeants à tous les niveaux (central, régional et local) sont élus par des populations devant qui ils sont comptables de leur gestion.

Lesdites institutions politiques, souligne-t-il, engendrent des incitations à la performance économique telles que l’entrepreneuriat, la prise de risque, l’innovation, la créativité, le travail, le mérite, l’excellence, etc.


«A l’inverse, dans les pays à institutions politiques monolithiques, fleurissent le clientélisme, le favoritisme, les connivences, les privilèges, la corruption et l’impunité, qui déterminent le choix des dirigeants politiques de manière non transparente», «ne rendent pas compte aux populations, qui ne sont pas impliquées dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des décisions qui les concernent».

Il est tant que l’on prenne notre destin en main, lance-t-il, ajoutant que les maux issus de la sphère politique contaminent le champ économique, et en expliquent les performances économiques et sociales médiocres.

Iconoclaste, le leader du mouvement Agir s’est, ces dernières années et particulièrement dans la sphère économique, signalé par des prises de position aux antipodes du discours officiel.


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