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Un parti éthiopien retarde son projet de nouvel Etat fédéral

Un parti politique qui milite en faveur de la création d’un nouvel État dans le cadre de la République fédérale d’Ethiopie s’est déclaré prêt jeudi à différer son projet et accepter la tenue d’un référendum proposé par les autorités électorales pour la fin de l’année.

Les dirigeants du groupe ethnique des Sidama dans le sud de l’Éthiopie avaient prévu de déclarer unilatéralement leur propre État fédéral jeudi – une mesure qui, selon les analystes, pourrait alimenter la crise politique dont souffre déjà l’Ethiopie et conduire à de nouvelles violences.

L’Ethiopie est actuellement divisée en neuf régions semi-autonomes et sa Constitution exige que le gouvernement organise un référendum pour tout groupe ethnique souhaitant former une nouvelle entité dans l’année qui suit sa demande.

Les Sidama s’efforcent depuis des années de quitter la Région des nations, nationalités et peuples du Sud dont ils font partie et de créer leur propre État. Le groupe – le plus important de la fédération – a déclaré que la date limite pour le référendum était jeudi.

Toutefois, la Commission électorale éthiopienne a déclaré cette semaine qu’elle organisera un référendum avant la fin de l’année, expliquant n’avoir reçu la demande de référendum qu’en novembre 2018, ce qui laisse encore plusieurs mois pour tenir le vote.

Bien que le parti politique du Mouvement de libération sidama ait affirmé initialement qu’un référendum organisé après juillet serait inacceptable, son porte-parole, Desalegne Mesa, a déclaré jeudi à l’AFP que le parti accepterait le nouveau calendrier pour éviter des violences.

« Nous sommes d’accord sur ce point parce que même si la Commission électorale et la coalition au pouvoir ignorent le peuple et la Constitution, nous voulons minimiser les pertes en vies humaines », a-t-il dit. « Nos jeunes se calment et restent à la maison. Ils doivent préparer notre programme référendaire », a-t-il ajouté.


On ignorait toutefois si la nouvelle position du parti serait soutenue par tout le monde à Hawassa, la capitale régionale où, selon des habitants, les rues étaient calmes jeudi matin mais où les forces de sécurité avaient accru leur présence.

De nombreux jeunes qui ont milité pour la création d’un nouvel Etat sont « mécontents » du projet de référendum de novembre, a déclaré un habitant de Hawassa à l’AFP.

« Si rien ne se passe, les gens peuvent sortir plus tard », a dit le résident.

La question des Sidama est le dernier casse-tête en date pour le Premier ministre Abiy Ahmed, qui est déterminé à réformer la nation après des décennies de régime autoritaire mais est confronté à des vagues de violences ethniques dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique et qui abrite plus de 80 ethnies.

La crise a fait plus de deux millions de déplacés et, le mois dernier, cinq hauts responsables éthiopiens, dont le chef d’état-major de l’armée, ont été assassinés lors de ce que les autorités ont décrit comme une tentative de coup d’État contre le gouvernement régional de l’Etat d’Amhara, dans le nord, menée par un ethno-nationaliste amhara.



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