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Venezuela: Guaido redouble d’efforts pour obtenir le soutien de l’UE

L’opposant Juan Guaido, reconnu président par intérim du Venezuela par une quarantaine de pays, redoublait mercredi d’efforts pour obtenir le soutien de l’Union européenne et faire entrer l’aide humanitaire dans le pays.

« Aujourd’hui, nous avons échangé avec des représentants de l’Union européenne pour consolider son soutien à la transition démocratique. Nous remercions la communauté internationale pour la reconnaissance de nos efforts afin de retrouver notre liberté », a déclaré le chef de file de l’opposition à l’issue d’une réunion avec des représentants de l’UE à Caracas.

Depuis lundi et l’expiration de l’ultimatum lancé au chef de l’Etat Nicolas Maduro pour convoquer une élection présidentielle anticipée, une vingtaine de pays européens, dont l’Espagne, la France et l’Allemagne, ont reconnu Juan Guaido, 35 ans, comme président par intérim.

L’Italie, qui refuse de le reconnaître, a bloqué l’adoption d’une position commune de l’UE. Outre les 21 pays de l’UE, Juan Guaido a l’appui des Etats-Unis, du Canada et d’une douzaine de capitales latino-américaines.

Dans le but de convaincre Rome de changer de position, M. Guaido a demandé mercredi aux deux responsables politiques du gouvernement populiste italien, Matteo Salvini et Luigi Di Maio, de recevoir une délégation.

M. Salvini, ministre de l’Intérieur et patron de l’extrême droite, a annoncé qu’il recevrait cette délégation lundi à son ministère.

Le sujet divise profondément le gouvernement italien d’union composé de la Ligue (extrême droite) de M. Salvini, qui affiche son anti-communisme, et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) de M. Di Maio.

– « Véritable dilemme » –

Un groupe de députés de l’opposition d’ascendance italienne a remis mercredi une lettre à ambassade d’Italie à Caracas pour demander le soutien de Rome à la démarche de M. Guaido.

Le député social-démocrate Juan Guaido, chef du Parlement, seule institution contrôlée par l’opposition, s’est autoproclamé président par intérim le 23 janvier en invoquant la Constitution. Il considère Nicolas Maduro comme un usurpateur pour s’être fait réélire lors d’une élection contestée par l’opposition et par une grande partie de la communauté internationale, avec ses adversaires en prison ou en exil.

Par ailleurs, dans un entretien à la radio colombienne Blu Radio, le leader de l’opposition est revenu sur l’aide humanitaire internationale avec laquelle il entend mettre la pression sur M. Maduro, qui y voit le prélude à une intervention militaire.

« Nous avons parlé clairement aux forces armées, elles ont une responsabilité importante: continuer du côté de la dictature qui n’a pas une once d’humanité (…) ou se mettre du côté de la Constitution », a-t-il déclaré à l’adresse de cette pièce maîtresse de la crise vénézuélienne appelée à laisser entrer l’aide humanitaire au Venezuela.


Le Parlement vénézuélien a approuvé mardi un plan stratégique pour la distribution de vivres et de médicaments depuis la Colombie et le Brésil, où des centres de collecte doivent être installés.

Pour l’instant, le Canada a promis 40 millions de dollars d’aide, Washington 20 millions et l’UE 7,5 millions.

– Pont bloqué –

Mais on ne savait toujours pas concrètement quand ni comment cette aide devait arriver, franchir la frontière et être distribuée.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des militaires vénézuéliens ont bloqué partiellement l’accès à un pont situé à la frontière avec la Colombie. « Des effectifs de l’armée ont bloqué le passage », a affirmé à l’AFP le député de l’opposition Franklin Duarte.

Mercredi, une équipe de l’AFP a constaté que le passage sur le pont de Tienditas, qui relie les localités de Cucuta (Colombie) et d’Urena (Venezuela), était totalement barré par un camion-citerne, deux grands conteneurs, des barrières et blocs de bétons.

« C’est un show politique, ce qu’ils appellent l’aide humanitaire. L’impérialisme n’aide personne dans le monde. Personne », a rétorqué M. Maduro dans un entretien à la chaîne russe RT diffusé mercredi.

Le dirigeant socialiste, qui a affirmé la veille que « pas un soldat envahisseur » n’entrerait au Venezuela, a lancé la collecte de 10 millions de signatures contre l' »action interventionniste de Trump ».

M. Maduro, soutenu par la Russie, la Chine, la Turquie, Cuba et l’Iran, accuse Washington – avec qui il a rompu les relations diplomatiques – d’utiliser Juan Guaido comme un « pantin » pour le chasser du pouvoir et mettre la main sur les énormes réserves de pétrole du Venezuela. Il reproche aux Européens de soutenir ces « plans putschistes » américains.

« Nous soutenons le peuple du Venezuela dans sa noble quête de liberté », a déclaré mardi le président Donald Trump lors de son discours annuel sur l’état de l’Union.



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