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Venezuela: Washington veut un vote de l’ONU, veto russe attendu

Les Etats-Unis, soutien de Juan Guaido, vont demander cette semaine un vote du Conseil de sécurité sur une résolution portant sur le Venezuela, auquel la Russie, qui défend Nicolas Maduro, devrait vraisemblablement opposer son veto.

« Nous aurons (un vote sur) une résolution cette semaine qui appellera à permettre l’entrée d’une aide humanitaire au Venezuela », a déclaré mardi à des journalistes l’émissaire américain pour le Venezuela, Elliott Abrams, avant une réunion du Conseil de sécurité demandée par Washington.

Interrogé sur un probable veto de la Russie au texte américain, l’émissaire a répondu: « Ce serait une honte d’opposer son veto à une résolution appelant à livrer de l’aide humanitaire. »

La Russie dénonce depuis le début de la crise l’ingérence occidentale et singulièrement des Etats-Unis dans des affaires « internes » au Venezuela. Elle juge que la volonté américaine d’y acheminer de l’aide humanitaire cache une volonté de renverser par la force Nicolas Maduro.

Evoquant « une moquerie du droit constitutionnel », l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a plaidé pour le respect de la « souveraineté » du Venezuela, accusant Washington de vouloir « alimenter de force » le peuple vénézuélien, « une torture pratiquée à Guantanamo ».

Lors de la réunion, souvent tendue entre partisans de Juan Guaido et défenseurs de Nicolas Maduro, Etats-Unis et Russie se sont accusés mutuellement d’entretenir une « rhétorique de Guerre froide ».

Le chef de la diplomatie du Venezuela, Jorge Arreaza, photos de présumés insurgés à la main, a dénoncé « une violation » de l’intégrité territoriale de son pays le week-end dernier. Il a assuré que les camions censés apporter de l’aide contenaient en réalité du matériel (clous, barbelés…) pour construire des barricades. « Le coup d’Etat a échoué », a-t-il martelé.

– Histoire et moulinets –

Depuis début février, deux projets de résolution rivaux sur le Venezuela, l’un porté par les Etats-Unis, l’autre par la Russie, sont en concurrence au Conseil de sécurité.

Le texte de Washington appelle à faciliter une aide humanitaire internationale et à organiser un scrutin présidentiel. Il est menacé d’un veto de la Russie et même éventuellement de la Chine, qui a réaffirmé mardi son opposition aux « ingérences dans les affaires intérieures » du Venezuela.


De son côté, le projet de résolution russe dénonce les menaces de recourir à la force contre Caracas, agitées régulièrement par les Etats-Unis.

Pour être adopté au Conseil (15 membres), un texte doit recueillir neuf voix sans utilisation d’un veto par l’un des cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni).

Dans une déclaration diffusée au début de la réunion du Conseil de sécurité – la deuxième en deux mois demandée par Washington -, les membres européens de cette instance ont réclamé « le retour à la démocratie via des élections présidentielles libres, transparentes et crédibles ».

Il faut « permettre à l’aide humanitaire d’entrer dans le pays », ont ajouté ces pays (Royaume-Uni, Allemagne, France, Belgique, Pologne), en réaffirmant leur « plein soutien à l’Assemblée nationale vénézuélienne » dirigée par Juan Guaido.

Lors de la réunion du Conseil, l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, a souligné, à propos de l’acheminement de l’aide humanitaire, que « chaque minute perdue tuait des vies ».

L’Allemagne s’est opposée à l’Afrique du Sud qui ne considère pas que la situation au Venezuela représente une menace à la paix internationale et doit être discutée au Conseil. « Les droits de l’Homme, c’est une norme commune », a lancé l’ambassadeur allemand Christoph Heusgen à son homologue sud-africain, Jerry Matthews Matjila, en lui rappelant « l’Histoire » de son pays à ce sujet.

D’habitude jovial, ce dernier, visage fermé, a fait des moulinets avec ses mains, semblant ainsi dire que les remarques allemandes allaient dans le vide.

Juan Guaido est soutenu par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis, le Brésil ou la Colombie et une majorité des membres de l’Union européenne dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Dans le monde, Nicolas Maduro est appuyé par un nombre équivalent de pays, dont la Russie, la Chine, l’Iran, la Corée du Nord, la Syrie ou Cuba.



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