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Violences de Béoumi : le bilan s’alourdit à 16 morts (officiel)

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Le dernier bilan officiel des violences intercommunautaires des 15, 16 et 17 mai dernier à Béoumi (Centre) fait état de 16 morts après la découverte de deux nouveaux corps au bord de la Rivière Kan, un affluent du fleuve Bandama, situé à l’Ouest de cette ville du Centre-Nord ivoirien, a appris APA de source officielle.L’information a été donnée, vendredi, dans la mi-journée, par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Bouaké, Braman Koné, à l’occasion de sa troisième conférence de presse qu’il animait depuis l’ouverture de l’enquête officielle sur cette affaire.

Il s’agit selon le procureur de Bouaké, des corps de Touré Yaya et Mamoud Wahigalo, deux bouviers, portés disparus depuis les premiers jours du conflit communautaire de Béoumi.       

 « L’enquête a permis d’appréhender les présumés auteurs du meurtre des deux bouviers portés disparus pendant cette crise », a fait savoir M. Koné, ajoutant que les restes des corps des deux victimes « ont été découverts au bord de la rivière dite Kan à proximité du campement Kouassi Mian ».

 «Nous enregistrons au total 27 personnes interpellées » à ce jour, dont le 3è adjoint au maire et maire résident de Béoumi, Kouadio K. Armand, le leader d’opinion et chargé de communication de Monsieur le maire de Béoumi, Konan Saint Rodolphe « même si ce dernier déclare ne l’avoir pas nommé à cette tâche » ainsi que le chef du village et le président des jeunes de Bélakro (cités parmi les présumés assassins de Dao Djan) et les présumés meurtriers des deux vieilles femmes, brulées vives dans leur maison.

Selon lui, si les dernières cités figurent parmi les 22 premières personnes déjà placées en détention préventive, le maire résident et le chargé de la communication de la mairie sont quant à eux entendus pour incitation au meurtre, divulgation et diffusion de rumeurs ou fausses informations à relent raciste ou tribaliste sur les réseaux sociaux et sur une radio en ligne.


« Le premier cité (le communicateur Konan Saint Rodolphe) s’est saisi des réseaux sociaux pour inciter la communauté Baoulé à attaquer celle des Malinkés. Certes, il a demandé pardon mais sa responsabilité pénale demeure entière », quant au second, a poursuivi  le procureur Braman Koné « à savoir le maire résident (Kouadio K. Armand), il a fait une déclaration sur les antennes d’une radio en ligne dénommée #PDCI 24 TV# où il déclarait dans la matinée du jeudi 16 mai 2019 que les jeunes Malinkés étaient en train de tirer sur la population avec des armes à feu de type Kalachnikov ».

Pour Braman Koné, il n’y a aucun doute sur la responsabilité de ces deux personnalités sur l’exacerbation du conflit de Béoumi qui s’est envenimé après leurs différentes interventions, passant d’un décès par arme blanche et 45 blessés au 1er jour du conflit à 8 décès dont 6 du côté des Malinkés et 2 du côté des Baoulés et une centaine de blessés pour la seule journée de jeudi (2è jour du conflit).                                                   

C’est pourquoi se disant déterminé à faire toute la lumière sur cette affaire, qui viendra mettre « fin à l’impunité en Côte d’Ivoire » il a en a profité pour « donner un signal fort aux hommes politiques, guides religieux ou chefs traditionnels pour leur rappeler que les propos haineux ou à relent raciste ou tribaliste sont sévèrement punis par les lois de la République de Côte d’Ivoire ».

Le mercredi 15 mai 2019, une altercation survenue à la gare routière de Béoumi entre un chauffeur de véhicule de transport commun appelé « Massa » et un conducteur de mototaxi, a dégénéré en une bagarre rangée entre d’une part les chauffeurs et apprentis des minicars et d’autre part les conducteurs de mototaxi.

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