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Yémen: la délégation rebelle de retour à Sanaa après les pourparlers en Suède

« Ce sont les premiers pas sur la voie de la paix et de l’amélioration de la situation humanitaire », a déclaré un membre de la délégation des rebelles yéménites, Jalal al-Rouweishan, à son retour vendredi à Sanaa après des pourparlers en Suède.

Jeudi, l’ONU a obtenu une trêve dans plusieurs régions dévastées du Yémen en guerre à l’issue de consultations de paix en Suède qui ont permis un accord âprement négocié entre les rebelles Houthis et les forces loyalistes soutenues par une coalition militaire emmenée par l’Arabie saoudite.

A son arrivée à l’aéroport de Sanaa à bord d’un avion koweïtien, la délégation des insurgés a été accueillie par quelque 400 personnes, dont des civils et des rebelles venus les féliciter, a constaté un photographe de l’AFP.

Les rebelles Houthis avaient posé comme condition essentielle pour leur participation aux pourparlers organisés à Rimbo, en Suède, d’obtenir la garantie de pouvoir rentrer à Sanaa, qu’ils contrôlent depuis 2014.

En 2016, les rebelles avaient été empêchés de rentrer dans la capitale yéménite à la suite de l’échec de négociations au Koweït, et la délégation des Houthis était restée bloquée pendant trois mois à Oman.

Les Houthis tiennent l’aéroport de la capitale mais la coalition progouvernementale garde la maîtrise du trafic aérien.

L’envoyé spécial de l’ONU Martin Griffiths avait accompagné les Houthis lors de leur vol vers la Suède le 4 décembre.


Le chef de la délégation rebelle, Mohamed Abdel Salam, a remercié vendredi sur Twitter « l’envoyé de l’ONU au Yémen, Oman, le Koweït et la Suède pour avoir contribué au succès des pourparlers ».

Depuis 2014, la guerre au Yémen a fait environ 10.000 morts et menace jusqu’à 20 millions de personnes de famine, selon l’ONU. Le conflit s’est intensifié en 2015 lorsqu’une coalition militaire emmenée par l’Arabie saoudite s’est engagée aux côtés des forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Un autre membre de la délégation rebelle, Jamal Amer, a déclaré à l’AFP que les Houthis avaient « instauré un climat de confiance en vue de faire des concessions ».

Un autre membre de la délégation, Yahya Nouri, veut voir l’accord mis en oeuvre « dans les prochains jours ». Il espère qu’un climat de confiance sera instauré « qui permettra d’engager des négociations pour régler les problèmes en suspens ».

L’accord conclu jeudi entre les belligérants prévoit notamment un « cessez-le-feu » à Hodeida (ouest), port de la mer Rouge par où entre l’essentiel de l’aide dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, et où sévit selon l’ONU « la pire crise humanitaire du monde ».

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