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Yémen: le chef des observateurs de l’ONU à Sanaa auprès des rebelles

Le général Patrick Cammaert, chef des observateurs de l’ONU chargés de consolider le cessez-le-feu à Hodeida et ses ports stratégiques, est arrivé dimanche à Sanaa pour demander aux rebelles de concourir à la réussite de cette trêve fragile.

L’officier néerlandais à la retraite a déjà effectuer samedi cette démarche auprès des représentants du gouvernement à Aden, dans le sud du pays en guerre, a indiqué dans un communiqué Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU.

« Il doit rencontrer à Sanaa les représentants des (rebelles) Houthis au comité mixte (chargé de la mise en oeuvre de la trêve) et leur transmettre le même message avec de se rendre avec son équipe à Hodeida », a-t-il précisé.

Des combats sporadiques se poursuivent à Hodeida et sa région malgré l’entrée en vigueur mardi du cessez-le-feu en vertu de l’accord conclu mi-décembre en Suède, sous l’égide de l’ONU.

– « 63 violations  » –

Le gouvernement et les rebelles s’accusent mutuellement de porter la responsabilité de ces attaques, qui ne semblent pas mettre en péril, pour le moment, la mission de l’équipe du général Cammaert.

Dimanche, l’agence officielle Saba contrôlée par le gouvernement a évoqué, en citant des responsables anonymes, « 63 violations par les Houthis de la trêve durant les trois premiers jours du cessez-le-feu ».

Les médias des Houthis ne cessent de leur côté d’accuser les troupes gouvernementales de violer cette trêve par des tirs ou de simples travaux de fortification des lignes de front.

L’officier néerlandais a été accueilli à son arrivée à l’aéroport international de Sanaa par Ali al-Mouchiki, chef des représentants rebelles à la commission mixte chargée de mettre en oeuvre le volet de l’accord de Suède concernant Hodeida.

Six observateurs de l’ONU, arrivés à Sanaa dès samedi en provenance d’Amman, étaient également présents, selon un photographe de l’AFP sur place.

– Acheminer l’aide humanitaire –


A Aden, où il se trouvait samedi, le général Cammaert a « pressé » l’exécutif yéménite et la coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite qui le soutient « de faire respecter la trêve » à Hodeida « et de coopérer afin d’assurer l’acheminement de l’aide humanitaire », selon le communiqué de M. Dujarric.

A Aden, le général Cammaert a souligné que « l’échec ou le succès des accords de Suède reposent uniquement sur les deux parties » yéménites, d’après l’ONU.

La première réunion du comité réunissant loyalistes et rebelles devrait se tenir le 26 décembre, a encore précisé dans son communiqué le porte-parole du chef de l’ONU.

Un responsable onusien n’a pas précisé quand le général Cammaert et son équipe arriveraient à Hodeida, ville des rives de la mer Rouge, à 140 km de Sanaa.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté vendredi à l’unanimité une résolution prévoyant l’envoi d’observateurs civils au Yémen afin de superviser l’évacuation des combattants de Hodeida et de sécuriser le fonctionnement de ses ports (ceux de Hodeida, mais aussi de Salif et Ras Issa), par où passe une large part de l’aide humanitaire et des importations du pays.

Tenue par les rebelles, cette ville de quelque 600.000 habitants est en conséquence un enjeu stratégique dans la guerre qui oppose depuis 2015 les rebelles Houthis, appuyés par l’Iran, aux forces progouvernementales, soutenues militairement par une coalition menée par l’Arabie saoudite.

La résolution rédigée par le Royaume-Uni autorise l’ONU « à établir et à déployer, pour une période initiale de 30 jours à compter de l’adoption de la résolution, une avant-garde pour commencer un travail d’observation », sous la direction du général Cammaert.

Selon des diplomates, la mission d’observateurs de l’ONU devrait compter de 30 à 40 membres, des civils ayant des expériences militaires.

La guerre au Yémen a fait au moins 10.000 morts depuis 2015 et provoqué la pire crise humanitaire du monde, selon les Nations unies.

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