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Zimbabwe: de la chute de Mugabe aux manifestations post-électorales

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Rappel des développements depuis le départ de Robert Mugabe, écarté du pouvoir en novembre au Zimbabwe, où de violentes manifestations ont suivi les premières élections organisées depuis sa chute, après près de quatre décennies à la tête du pays.

– Fin du règne –

Le 14 novembre 2017, un convoi de blindés se dirige vers la capitale Harare, au lendemain d’une mise en garde sans précédent du chef de l’armée, le général Constantino Chiwenga, dénonçant l’éviction du vice-président Emmerson Mnangagwa le 6 novembre et une purge au sein du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

Le lendemain, l’armée se déploie dans les rues de la capitale, contrôlant les accès au Parlement, au siège de la Zanu-PF et à la Cour suprême. Robert Mugabe dit être retenu à son domicile par les militaires.

Le 19, la Zanu-PF, réunie en urgence, lui retire la présidence du parti, et exclut de ses rangs son épouse Grace Mugabe.

Le 21, Mugabe met fin à son règne autoritaire de trente-sept ans en démissionnant, après une semaine de crise. Son départ provoque des scènes de liesse.

– Mnangagwa prête serment –

Le 24 novembre, après un bref exil au Mozambique et en Afrique du Sud, Emmerson Mnangagwa prête serment comme président.

Le 30, il dévoile son gouvernement, où il a recyclé la vieille garde au pouvoir depuis 1980 et confié d’importants postes à des militaires qui ont joué un rôle-clé dans son accession à la présidence.

Le 28 décembre, le général à la retraite Constantino Chiwenga, ancien chef de l’armée qui a dirigé le coup de force contre Mugabe, accède à l’une des deux vice-présidences du pays.

– Attentat –

Le 5 juin 2018, des milliers de partisans de l’opposition dénoncent à Harare les « intimidations » du régime et réclament un « audit » indépendant des listes électorales avant les scrutins du 30 juillet.

« Nous n’autoriserons pas une élection qui ne soit pas libre et juste », déclare Nelson Chamisa, qui a pris en février les rênes du principal parti de l’opposition, le Mouvement démocratique pour le changement (MDC), après la mort de son chef Morgan Tsvangirai.

Le 23 juin, Emmerson Mnangagwa échappe à un attentat à la grenade qui tue deux de ses gardes du corps à la fin d’une réunion électorale à Bulawayo (sud). Il met en cause les partisans de l’ex-Première dame.


– Mugabe s’invite dans la campagne –

Le 25 juillet, Nelson Chamisa estime que le scrutin « se présente de telle façon qu’il devrait être considéré comme biaisé ».

Le 29, Robert Mugabe appelle les électeurs à faire tomber son ancien parti, lors de sa première conférence de presse depuis sa démission forcée. Il laisse entendre qu’il votera pour le chef du MDC, une formation qu’il a toujours combattue.

– Premières élections post-Mugabe –

Le 30 juillet, les Zimbabwéens se déplacent en nombre et dans le calme lors des premières élections générales post-Mugabe. Un total de 23 candidats sont en lice pour la présidentielle, mais la course se joue entre l’actuel chef de l’Etat et le leader du MDC.

Le lendemain, Nelson Chamisa revendique une victoire « éclatante ».

La commission électorale (ZEC) affirme que les élections n’ont été entachées d' »aucune fraude ». La ZEC, déjà très critiquée pour sa partialité lors des scrutins organisés sous l’ère Mugabe, a été accusée par l’opposition pendant la campagne de 2018 de manque de transparence, de « partialité » et d' »arrogance ».

– Répression meurtrière –

Le 1er août, après l’annonce de la victoire écrasante aux législatives de la Zanu-PF, des partisans de l’opposition descendent dans la rue à Harare pour crier à la fraude. L’armée ouvre le feu sur les manifestants et trois personnes sont tuées, selon la police.

Les observateurs de l’Union européenne dénoncent « l’inégalité des chances » entre les candidats. L’ambassade des Etats-Unis à Harare exhorte l’armée à « faire preuve de retenue ».

Le 2 août, le président Mnangagwa appelle à « résoudre pacifiquement » les différends et réclame une « enquête indépendante ». Des policiers et soldats sont stationnés dans plusieurs points névralgiques de la capitale.

Les observateurs électoraux du Commonwealth dénoncent « l’usage excessif de la force ».

La ZEC appelle à la « patience » dans l’attente des résultats de la présidentielle.


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