Les révélations du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô sur le dossier Yakaar-Teranga continuent d’alimenter les débats au Sénégal. Les quotidiens de ce jeudi 10 septembre accordent une large place aux 55 millions de dollars, soit près de 30 milliards de francs CFA, que le chef du gouvernement estime liés à des « manquements » dans le retrait de la compagnie américaine Kosmos Energy du bloc gazier.
Mardi, devant l’Assemblée nationale, Ahmadou Al Aminou Lô avait évoqué des « manquements à corriger » dans la gestion du retrait de Kosmos de l’exploitation de Yakaar-Teranga, situé au large de Cayar. Il avait notamment pointé le recouvrement d’indemnités devant revenir à l’État à l’expiration du contrat en juillet 2026, pour un montant estimé à 55 millions de dollars.
WalfQuotidien constate que « la polémique enfle ». Le journal rapporte les réactions suscitées par les déclarations du Premier ministre et relève notamment la demande de la société civile, qui souhaite que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) s’autosaisisse afin de faire la lumière sur cette affaire. Le quotidien donne également la parole à l’ancien directeur général de Petrosen, Alioune Guèye. Celui-ci conteste frontalement l’existence d’une dette de 55 millions de dollars envers l’État. « Les 55 millions de dollars n’existent pas. Ce n’est pas vrai », affirme-t-il, selon les propos rapportés par WalfQuotidien.
Alioune Guèye explique que le montant évoqué correspondrait plutôt à un engagement minimum de dépenses prévu à l’article 4 du décret n° 2024-713 du 13 mars 2024, pour la période de prorogation consacrée aux études de développement. Selon lui, un engagement de dépenses ne peut être assimilé à une créance due à l’État.
Le Quotidien relève lui aussi une « vive polémique » autour du retrait de Kosmos Energy. Le journal revient sur les accusations portées par le Premier ministre contre l’ancienne direction de Petrosen et souligne la riposte d’Alioune Guèye. Mis en cause à propos du manque à gagner de 55 millions de dollars, l’ancien responsable dit vouloir répondre point par point à ce qu’il considère comme des « contrevérités ».
L’Observateur donne une dimension judiciaire potentielle à cette affaire. Pour le quotidien, la révélation faite par le Premier ministre devant les députés pourrait constituer le début d’une séquence susceptible d’aboutir devant les tribunaux. Le journal rappelle que l’Inspection générale d’État (IGE) a été saisie sur instruction du chef de l’État. Elle devra, selon L’Observateur, reconstituer la chaîne des responsabilités dans la gestion du dossier.
La controverse repose ainsi, dans les différents journaux, sur une divergence fondamentale concernant la nature même des 55 millions de dollars. Pour le Premier ministre, des manquements auraient privé l’État de recettes qui lui revenaient. Pour l’ancien directeur général de Petrosen, le montant évoqué correspond à un engagement de dépenses et non à une somme due au Sénégal. Entre ces deux lectures, la question de la responsabilité et de la gestion du dossier Yakaar-Teranga pourrait désormais prendre une nouvelle dimension avec les investigations annoncées.
Sur un tout autre registre, Le Soleil consacre sa principale mise en avant à un autre événement marquant de l’actualité sénégalaise : la remise de la flamme olympique des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. À Athènes, le stade Panathénaïque a accueilli mercredi 9 septembre la répétition générale de la cérémonie d’allumage et de remise de la flamme. Pendant plus de deux heures, les différents tableaux de cette cérémonie historique ont été répétés en présence de plusieurs officiels sénégalais, notamment Ibrahima Wade et Louis Lamotte.
Entre la polémique financière autour de Yakaar-Teranga et les préparatifs des JOJ Dakar 2026, les journaux sénégalais mettent ainsi en avant deux séquences aux enjeux très différents : d’un côté, la recherche de responsabilités dans la gestion des ressources publiques ; de l’autre, les préparatifs d’un rendez-vous présenté comme historique pour le Sénégal et le continent africain.




