La Cour suprême du Sénégal a ordonné un coup d’arrêt provisoire à Starlink. Lundi 7 septembre 2026, la haute juridiction a décidé de suspendre l’exécution de la licence accordée à l’opérateur d’internet par satellite de SpaceX, à la suite d’un recours introduit par Sonatel.
La décision porte sur un arrêté ministériel du 6 novembre 2025 ayant autorisé Starlink Sénégal SUARL, filiale de Space Exploration Technologies Corp. (SpaceX), à exploiter pendant cinq ans, renouvelables, un service d’accès fixe à internet par satellite sur le territoire sénégalais. Le service avait commencé à être commercialisé dans le pays en 2026.
L’arrivée de Starlink avait été présentée par les autorités sénégalaises comme une solution complémentaire aux réseaux terrestres, notamment pour améliorer la couverture des zones moins bien desservies. Mais l’opérateur historique Sonatel a contesté les conditions dans lesquelles cette autorisation a été délivrée.
Dans son recours, Sonatel rappelle son statut de titulaire d’une licence individuelle de premier rang et les obligations qui en découlent. L’entreprise met notamment en avant les droits et redevances déjà acquittés ainsi que ses engagements en matière de couverture du territoire, de service universel, de continuité et de qualité des services.
L’opérateur estime que l’autorisation accordée à Starlink est susceptible de porter atteinte à ses intérêts économiques, aux règles de concurrence ainsi qu’à ses droits de défense.
Le contentieux avait franchi une première étape en mai 2026, avec le rejet par le ministre chargé de la Communication, des Télécommunications et du Numérique du recours gracieux introduit par Sonatel. L’opérateur s’était alors tourné vers la Cour suprême.
Après examen des arguments présentés, la juridiction estime, « en l’état de l’instruction », que les moyens soulevés par Sonatel sont susceptibles de faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. Elle a donc ordonné la suspension provisoire de l’arrêté autorisant Starlink à fournir ses services au Sénégal.
Cette décision ne constitue toutefois pas une annulation de la licence. La Cour suprême n’a pas encore statué sur le fond du recours. La suspension constitue une mesure conservatoire destinée à geler provisoirement les effets de l’autorisation dans l’attente du jugement définitif.
La situation des abonnés de Starlink au Sénégal reste donc à préciser. À ce stade, il serait prématuré d’affirmer qu’ils seront privés de connexion. Les modalités concrètes d’application de l’ordonnance doivent encore être clarifiées par l’opérateur et les autorités sénégalaises.
Le dossier intervient alors que Starlink occupait une place dans la stratégie numérique du Sénégal, notamment à travers le New Deal Technologique. Le gouvernement avait annoncé avoir négocié l’acquisition de 5 000 kits à tarif préférentiel. Ces équipements devaient notamment contribuer à la connexion de zones blanches, au développement de réseaux Wi-Fi communautaires ainsi qu’à la connexion d’établissements scolaires et de collectivités territoriales.
Pour les autorités, Starlink devait donc compléter les infrastructures télécoms traditionnelles. Mais la suspension prononcée par la Cour suprême ouvre désormais une période d’incertitude juridique autour de son activité dans le pays.
Le prochain enjeu sera désormais le jugement sur le fond. La juridiction devra déterminer si l’autorisation accordée à Starlink respecte effectivement les règles applicables. En attendant cette décision, la licence de l’opérateur reste suspendue à titre provisoire au Sénégal.




