La nouvelle configuration des finances publiques sénégalaises impose de nouveaux arbitrages. Avec un déficit budgétaire projeté à 7,6 % du PIB, contre 5,4 % initialement prévu, le projet de loi de finances rectificative revoit également les prévisions de recettes et de dépenses.
Les recettes sont désormais attendues à 5 848,7 milliards de francs CFA, tandis que les dépenses devraient atteindre 7 583,9 milliards. Dans ce contexte, l’ancien président de la Commission des finances, Seydou Diouf, a livré plusieurs pistes lors d’une intervention sur la RTS.
Pour l’ancien parlementaire, les arbitrages sur les investissements doivent d’abord tenir compte du degré de maturité des projets et de leur niveau d’urgence. Certains investissements pourraient ainsi être différés lorsque les études nécessaires ne sont pas suffisamment avancées, contrairement aux projets considérés comme prioritaires.
La gestion de la dette constitue également un autre levier évoqué par Seydou Diouf. Il cite notamment le rééchelonnement des échéances, le reprofilage, le moratoire ou encore le refinancement à des conditions plus favorables.
L’objectif de ces mécanismes serait de réduire la pression exercée par les remboursements sur les finances publiques et de préserver des marges pour financer des secteurs prioritaires. L’agriculture, la santé et l’éducation figurent notamment parmi les domaines cités.
Dans cette recherche de marges budgétaires, l’ancien président de la Commission des finances accorde aussi une place au dialogue avec le Fonds monétaire international (FMI). Il estime que la validation de la stratégie du Sénégal pourrait faciliter les discussions avec ses différents partenaires financiers.
La question des subventions énergétiques figure également parmi ses préoccupations. Leur montant est désormais porté à 790,3 milliards de francs CFA. Face à cette enveloppe, Seydou Diouf plaide pour un meilleur ciblage des bénéficiaires.
Selon lui, le niveau de soutien ne devrait pas être identique pour tous les consommateurs, indépendamment de leur niveau de consommation. Cette évolution devrait, à ses yeux, être accompagnée d’un renforcement des mécanismes de protection sociale.
Au-delà des finances publiques, l’ancien parlementaire met en avant le rôle du secteur privé dans la création de richesses et d’emplois. Pour lui, l’État ne peut pas, à lui seul, soutenir durablement l’investissement et la croissance.
« L’économie, c’est une question d’abord de confiance. Il faut qu’on restaure la confiance dans notre espace économique », a-t-il déclaré.
Cette restauration de la confiance passe notamment, selon Seydou Diouf, par un environnement plus favorable aux investisseurs. Il invite ainsi à poursuivre la réflexion sur la fiscalité et la réglementation afin de créer des conditions plus propices à l’activité économique.
La création de richesses par les entreprises privées pourrait également contribuer à élargir l’assiette des recettes fiscales de l’État. Dans cette perspective, Seydou Diouf appelle à « remettre l’économie au cœur du débat », alors que les contraintes budgétaires conduisent les pouvoirs publics à revoir leurs priorités et leurs marges de manœuvre.




