Sénégal : l’Assemblée nationale au cœur d’un nouveau bras de fer avec l’Exécutif

Les tensions entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale se sont de nouveau invitées au cœur des travaux parlementaires au Sénégal. Lors…

Les tensions entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale se sont de nouveau invitées au cœur des travaux parlementaires au Sénégal. Lors de la séance plénière du mardi 29 septembre 2026, deux textes majeurs ont été successivement bloqués ou renvoyés, illustrant les divergences persistantes autour de plusieurs dossiers sensibles.

Premier épisode de cette journée mouvementée : le projet de loi n°21/2026 relatif à la prorogation de la durée de validité de la carte d’identité biométrique CEDEAO a été renvoyé en commission. La décision a été prise à la demande du président de la Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains, Abdoulaye Tall, sur la base de l’article 84 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Le texte devait notamment modifier la loi n°2016-09 du 14 mars 2016 afin de permettre la prorogation de la validité de certaines cartes arrivant à expiration. Mais pour Abdoulaye Tall, les explications apportées par le gouvernement n’étaient pas suffisantes. Le député a soulevé plusieurs interrogations dans un contexte pré-électoral, notamment autour de la clause de « force majeure », dont il craint qu’elle puisse ouvrir la voie à des reports des échéances électorales.

D’autres préoccupations ont également été évoquées, concernant le coût et le financement de la confection des cartes, l’attribution du marché, la souveraineté des données biométriques ainsi que les conséquences pour les Sénégalais établis à l’étranger. Le texte doit désormais être réexaminé par la commission avant un éventuel retour en séance plénière.

L’après-midi, un autre dossier sensible a connu un nouveau développement. L’examen de la proposition de loi n°37/2026 portant modification du Code pétrolier, initialement inscrit à l’ordre du jour, a été reporté après la saisine du Conseil constitutionnel par le gouvernement.

L’information a été annoncée par le troisième vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo, qui présidait la séance. Le recours vise à faire déclarer irrecevable la proposition de loi, portée par des députés de Pastef.

Cette initiative parlementaire entend notamment soumettre les contrats pétroliers et gaziers à l’examen de l’Assemblée nationale avant leur signature par l’Exécutif. Le gouvernement conteste cette démarche et mise désormais sur l’arbitrage du Conseil constitutionnel.

Le débat intervient dans un contexte où les questions liées à l’énergie et à la gestion des hydrocarbures occupent une place importante dans le débat public sénégalais. Les difficultés du secteur électrique, les préoccupations autour du coût de l’électricité, la situation financière de la Senelec et les interrogations sur les retombées des projets pétroliers et gaziers de Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim alimentent notamment les discussions.

C’est dans ce contexte que le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, doit faire face à la presse nationale et internationale ce jeudi 1er octobre 2026. La rencontre, prévue au Musée des civilisations noires à Dakar, aura pour thème « Enjeux, réformes et perspectives du secteur de l’Énergie et des Hydrocarbures ».

Le ministre devrait notamment être interpellé sur les délestages, le coût de l’électricité, les retombées du pétrole et du gaz, la transparence dans la gestion des contrats pétroliers et gaziers, ainsi que sur la situation de Senelec et la politique de mix énergétique. Les perspectives liées aux projets Sangomar et GTA figurent également parmi les sujets attendus lors de cette rencontre.

Alors que l’Assemblée nationale doit par ailleurs ouvrir sa session ordinaire unique 2026-2027 le 13 octobre prochain, les prochains arbitrages institutionnels devraient donc être particulièrement suivis.

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