JOJ 2026 au Sénégal : Human Rights Watch alerte sur les droits des personnes LGBT+

À quelques semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), prévue le 31 octobre 2026 au Sénégal, Human…

À quelques semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), prévue le 31 octobre 2026 au Sénégal, Human Rights Watch (HRW) tire la sonnette d’alarme. Dans un rapport publié le 12 octobre, l’organisation dénonce la répression croissante des personnes LGBT+ dans le pays et s’interroge sur la conformité de cette situation avec les principes de non-discrimination et de respect des droits humains inscrits dans la Charte olympique.

Le Sénégal s’apprête à accueillir un événement sportif historique, les Jeux olympiques de la Jeunesse, mais à l’approche de cette compétition, Human Rights Watch exprime de sérieuses préoccupations concernant la situation des droits humains dans le pays.

Dans un rapport rendu public le lundi 12 octobre, l’organisation de défense des droits humains dénonce ce qu’elle qualifie de répression gouvernementale visant les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT+). Elle exprime également ses « graves inquiétudes sur le respect » de la Charte olympique par le pays hôte.

HRW rappelle que ce texte interdit toute forme de discrimination et impose aux organisateurs de respecter les droits ainsi que la dignité humaine. Pour l’ONG, les pratiques dénoncées au Sénégal soulèvent donc des interrogations à l’approche de cette compétition internationale.

Jusqu’à dix ans de prison pour les relations homosexuelles

Au cœur des préoccupations de l’organisation figure le durcissement de la législation sénégalaise. En mars 2026, une loi a été adoptée pour doubler les peines encourues pour les relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement.

Cette évolution juridique intervient dans un contexte marqué par plusieurs arrestations médiatisées de personnes soupçonnées d’homosexualité. En août, 71 hommes ont notamment été renvoyés devant la justice pour « actes contre nature », une expression désignant les relations entre deux personnes de même sexe.

Le Sénégal, pays où la religion occupe une place importante dans la société malgré le principe de laïcité inscrit dans la Constitution, fait ainsi face à des tensions croissantes autour des droits des personnes LGBT+. Pour Human Rights Watch, cette situation traduit une intensification de la répression qui dépasse le seul cadre législatif et affecte directement les conditions de vie des personnes concernées.

La peur des arrestations entrave l’accès aux soins et à la justice

Dans son rapport, HRW met en garde contre les conséquences sociales et sanitaires de cette répression. L’organisation estime que les mesures visant les personnes LGBT+ alimentent un climat de peur et renforcent leur stigmatisation.

Cette pression aurait notamment des répercussions sur l’accès aux services de santé et à la justice. Selon le document, la crainte d’être arrêté pousse certaines personnes à dissimuler leur identité ou leur situation, tandis que la stigmatisation les dissuade de se faire dépister ou de suivre un traitement contre le VIH.

L’ONG souligne également que ces risques peuvent décourager les avocats de représenter les personnes concernées, compliquant davantage leur accès à une défense juridique. HRW cite notamment les arrestations massives, les tests de dépistage du VIH imposés et les obstacles à la représentation juridique parmi les pratiques qui contribuent, selon elle, à cette dégradation de la situation.

Une tendance régionale de durcissement contre les personnes LGBT+

Les inquiétudes exprimées à l’approche des JOJ s’inscrivent, selon Human Rights Watch, dans une dynamique plus large en Afrique de l’Ouest. Plusieurs pays de la région ont récemment adopté des lois condamnant l’homosexualité, illustrant un durcissement de la répression à l’encontre des personnes LGBT+. Le Sénégal n’est donc pas le seul pays confronté à cette évolution. Toutefois, l’organisation estime que les mesures observées dans la région témoignent d’une pression grandissante sur les droits de cette communauté.

Dans ce contexte, la tenue des Jeux olympiques de la Jeunesse place le Sénégal face à une question sensible, celle de la cohérence entre l’organisation d’un événement olympique fondé sur des principes de non-discrimination et les pratiques dénoncées par les défenseurs des droits humains.

À l’approche du 31 octobre, les préoccupations soulevées par Human Rights Watch replacent les droits humains au cœur des enjeux entourant les JOJ au Sénégal.

Alors que quelque 2 700 athlètes sont attendus pour cette quatrième édition, l’ONG appelle, à travers son rapport, à prendre en compte les conséquences de la répression sur les personnes LGBT+ et les exigences de la Charte olympique en matière de dignité humaine et de non-discrimination.

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