Migration : 124 Sénégalais parmi 200 migrants interceptés au large du Maroc

Une pirogue transportant 200 migrants subsahariens, dont 124 Sénégalais, a été interceptée en mer par la Marine royale marocaine le…

Une pirogue transportant 200 migrants subsahariens, dont 124 Sénégalais, a été interceptée en mer par la Marine royale marocaine le jeudi 15 octobre 2026. Selon une source officielle citée par l’Agence de presse sénégalaise (APS), de nombreuses femmes et des mineurs figuraient parmi les passagers.

Les autorités marocaines ont signalé l’interception d’une embarcation transportant 200 personnes, parmi lesquelles 124 ressortissants sénégalais, selon une source autorisée interrogée par l’APS. La présence importante de femmes et de mineurs parmi les passagers constitue un autre élément relevé par les autorités. D’après la même source, les services marocains observent également une féminisation des flux migratoires depuis 2025.

Des interceptions répétées sur la route des Canaries

L’interception du 15 octobre s’inscrit dans une série d’opérations menées au large des côtes marocaines. Le 29 août, les autorités de Rabat avaient diffusé sur le réseau social X un message accompagné de vidéos montrant l’interception d’une pirogue transportant 201 migrants, à 185 kilomètres au sud-ouest de Dakhla.

En février 2026, la Marine royale marocaine avait également annoncé l’interception, au large de Dakhla, d’une embarcation transportant 189 personnes. Selon des informations publiées sur les réseaux sociaux, cette pirogue avait quitté la Gambie. Les embarcations empruntant cet itinéraire partent généralement de Gambie, du Sénégal ou de Guinée, avant de longer les côtes marocaines en direction des îles Canaries.

Le Maroc renforce la surveillance de ses côtes

La surveillance maritime marocaine s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec l’Union européenne visant à renforcer le contrôle des frontières extérieures européennes. En contrepartie d’aides financières, Rabat s’engage à limiter les flux migratoires irréguliers et à surveiller les mouvements illégaux au large de ses côtes.

Le 15 octobre, Hicham Mellati, président de la Commission nationale de coordination des mesures de lutte et de prévention de la traite des êtres humains (CNCLT), a indiqué que plus de 1 500 réseaux criminels spécialisés dans le trafic de migrants avaient été démantelés entre 2021 et 2025. Malgré ces opérations, le Maroc demeure également un territoire de départ pour des traversées irrégulières vers les Canaries, notamment depuis la ville de Dakhla.

Dakhla, point de départ de traversées à haut risque

En septembre 2025, une embarcation avait quitté Dakhla avec 44 migrants à son bord. Tous sont portés disparus. Malgré plusieurs tentatives de contact, leurs familles, notamment celles établies à Casablanca et à Midelt, n’ont plus réussi à joindre leurs proches. Parmi les passagers figuraient 27 Marocains, dont trois femmes et deux enfants, ainsi que 17 ressortissants d’Afrique subsaharienne. Ce drame illustre les dangers auxquels s’exposent les personnes qui tentent de rejoindre les îles Canaries par la voie maritime.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) rappelle que la route atlantique vers les îles Canaries demeure « l’un des corridors migratoires les plus meurtriers au monde ».

Les données communiquées par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) confirment la persistance de ces risques. Malgré une baisse de 62 % des arrivées aux Canaries entre 2024 et 2025, le nombre de décès et de disparitions n’a diminué que de 4 %, passant de 1 215 à 1 172. Pour l’OIM, cette évolution souligne la dangerosité croissante de cet itinéraire migratoire.

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