Le débat télévisé sur la loi de finances rectificative (LFR) 2026 n’aura pas lieu entre le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô et Ousmane Sonko. Sollicité par le leader de Pastef pour un échange public sur les choix budgétaires du gouvernement, le chef de l’exécutif sénégalais a décliné l’invitation, privilégiant le cadre parlementaire pour ce type de discussion.
« En ma qualité de chef du gouvernement, mon temps et mes forces intellectuelles et physiques sont mobilisés sur ces urgences », a-t-il fait valoir. Ahmadou Al Aminou Lô estime que l’Assemblée nationale constitue l’enceinte institutionnelle appropriée pour débattre des orientations budgétaires.
Cette position ramène les discussions sur la LFR 2026 dans un hémicycle présidé par Ousmane Sonko, où Pastef détient 130 des 165 sièges. Le Premier ministre avait déjà présenté sa Déclaration de politique générale devant cette majorité, en reconnaissant les difficultés de l’exercice face aux députés de son prédécesseur.
Sonko réclame un débat public sur les choix budgétaires
Le président de Pastef souhaite un échange direct devant les Sénégalais sur les subventions, l’investissement, la fiscalité et les dépenses sociales. Lundi, il avait critiqué le projet de budget rectificatif du gouvernement, dénonçant une baisse du budget social et des coupes de plus de 500 milliards de FCFA dans les investissements.
Le désaccord intervient alors que l’examen du collectif budgétaire connaît déjà des difficultés au Parlement. Faute de consensus au sein de la commission des Finances, la séance plénière initialement prévue le 23 octobre a été reportée à la semaine prochaine, à la demande du gouvernement.
La LFR 2026 au cœur des tensions
Le collectif budgétaire constitue également un enjeu pour les discussions financières avec le Fonds monétaire international (FMI). Il figure parmi les conditions liées au programme de 2,2 milliards de dollars conclu au niveau des services avec l’institution.
Le refus du débat télévisé intervient enfin dans un contexte social tendu. Le Front syndical pour la défense des travailleurs a lancé une grève générale de 72 heures, du 21 au 23 octobre, accentuant la pression sur le gouvernement.
Entre désaccords budgétaires, discussions parlementaires et revendications syndicales, l’examen de la loi de finances rectificative 2026 s’annonce comme une étape importante pour l’exécutif sénégalais.




