Le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 cristallise les tensions entre le gouvernement sénégalais et l’Assemblée nationale. Après le rejet du texte par la Commission des finances et du contrôle budgétaire, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô est monté au créneau pour défendre les choix de l’exécutif et appeler les députés à proposer des amendements précis.
Lors d’une conférence de presse dimanche, le chef du gouvernement a contesté la démarche de la majorité parlementaire Pastef. Selon L’As, il estime que les députés devraient apporter des corrections chiffrées plutôt que de rejeter le projet sans propositions alternatives. Le Soleil souligne qu’il a dénoncé le blocage tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue avec l’Assemblée nationale.
La confrontation s’est également invitée dans les colonnes des Echos. Le quotidien rapporte que le Premier ministre a vivement critiqué les députés de Pastef et leur président, notamment après les menaces de rejet du texte. Ahmadou Al Aminou Lô rappelle que la majorité a voté la loi de finances initiale de 2026 et que la LFR vise, selon lui, à apporter des ajustements au budget en cours d’exécution.
À deux jours de l’examen du texte en séance plénière, prévu mardi 27 octobre, Sud Quotidien rapporte que le Premier ministre invite les députés de Pastef à transmettre leurs amendements par écrit. Tout en défendant la nécessité de réviser le budget, il dénonce une attitude d’obstruction de la majorité parlementaire. Le journal relève toutefois que plusieurs questions restent en suspens, notamment le montant des dépenses supplémentaires et les choix effectués dans les investissements publics.
De son côté, Yoor Yoor met l’accent sur les conséquences sociales des ajustements budgétaires. Le quotidien affirme que le gouvernement a annulé 295,59 milliards de FCFA de crédits d’investissement liés au PRES. Selon sa présentation, ces coupes toucheraient notamment la santé, les agropoles, les universités et le projet de Grand Transfert d’Eau. Les députés de Pastef dénoncent une réduction qu’ils jugent brutale et réclament davantage de transparence sur la gestion des finances publiques.
Pour L’Observateur, la confrontation est présentée comme un échange de critiques entre le Premier ministre et les députés de Pastef. Le chef du gouvernement défend ses arbitrages à l’aide de chiffres, invoque l’article 82 de la Constitution et demande des amendements chiffrés.
En réponse, les parlementaires de Pastef appellent l’exécutif à assumer ses choix devant l’Assemblée nationale. Ils demandent également au Premier ministre d’engager la responsabilité de son équipe à travers un vote de confiance.
Enfin, WalfQuotidien rapporte que le gouvernement met en garde contre les conséquences d’un rejet de la LFR 2026. Ahmadou Al Aminou Lô estime qu’une telle décision pourrait affecter les entreprises et les salariés.
À l’approche de l’examen en séance plénière, le débat budgétaire se transforme ainsi en bras de fer politique. Entre défense des arbitrages, demande de transparence et menace de rejet, l’issue du texte reste au cœur des tensions entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.




