Thiès se prépare à accueillir la fête de l’indépendance dans un décor entre attente et réalités

À quelques jours du 4 avril, la ville de Thiès s’active pour accueillir la fête de l’indépendance. Entre préparatifs, contraintes…

À quelques jours du 4 avril, la ville de Thiès s’active pour accueillir la fête de l’indépendance. Entre préparatifs, contraintes urbaines et ambiance de Ramadan, la capitale du rail dévoile un visage contrasté.

Située à environ 70 kilomètres de Dakar, la ville de Thiès s’apprête à accueillir le chef de l’État ainsi que le traditionnel défilé du 4 avril. Une célébration qui se veut symbolique, avec l’ambition de tourner la page du rendez-vous manqué du « 4-4-44 » annoncé en 2004 mais jamais concrétisé.

En ce mercredi 11 mars 2026, dès les premières heures de la matinée, la ville s’éveille lentement. Les habitants reprennent leurs activités quotidiennes, tandis que les élèves, en uniforme, se pressent pour ne pas manquer la cloche.

Aux alentours de 8 heures, une brise matinale persiste malgré les premières tentatives du soleil de s’imposer. La circulation reste fluide, presque timide, dans cette ville connue comme la capitale du rail. Les arbres, agités par le vent, offrent encore un peu de fraîcheur.

À ce stade, peu d’indices laissent penser que Thiès s’apprête à accueillir un événement d’envergure nationale. Ici et là, des femmes, bassines à la tête, se dirigent vers les marchés pour leurs activités génératrices de revenus.

Mais à partir de 10 heures, la chaleur devient écrasante. Au marché Moussanté, les commerçants occupent les abords de la voie ferrée, parfois jusqu’à en obstruer le passage. Une situation qui illustre les défis d’organisation auxquels la ville fait face.

Non loin de là, les autorités administratives observent cette occupation anarchique et entendent y mettre un terme. Le gouverneur de Thiès, Saër Ndao, appelle à une prise de conscience collective. Il évoque d’abord une sensibilisation des populations avant d’envisager des mesures plus fermes en cas de résistance.

En cette période de Ramadan, la ville a quelque peu mis en veille son habituelle effervescence culturelle. Aux heures chaudes de la journée, seuls quelques passants profitent de l’ombre des arbres le long des grandes artères.

Cependant, sur la place Place Mamadou Dia, les préparatifs avancent. Les éléments du génie militaire s’activent sous un soleil de plomb pour installer la tribune officielle. Les coups de marteau résonnent dans un environnement autrement calme.

À l’approche de la rupture du jeûne, l’ambiance change progressivement. Les récitations coraniques diffusées dans les quartiers annoncent la fin imminente de la journée. Les rues s’animent, les discussions s’intensifient, et les klaxons rythment les derniers déplacements avant l’iftar.

Dans le quartier « Rue sans soleil », réputé pour ses arbres aux feuillages denses, l’activité reste réduite. Les restaurants fonctionnent au ralenti, adaptant leur service au contexte du mois de Ramadan.

En soirée, le centre-ville retrouve un certain éclat. La Place de France et la Promenade des Thiéssois s’illuminent, mettant en valeur les grandes artères, notamment l’avenue Caen, où se tiendra le défilé militaire et civil du 4 avril.

Ancienne vitrine du réseau ferroviaire sénégalais, Thiès tente aujourd’hui de renouer avec une dynamique de développement. À travers les projets engagés, notamment dans le cadre du Programme Indépendance, la ville espère se repositionner comme un pôle stratégique.

À l’approche de la fête nationale, la capitale du rail oscille ainsi entre contraintes quotidiennes et ambitions de renouveau.

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