Eco et Business › Agro-industrie

Plus de 31 mille tonnes acheminées à Dakar: Anacarde, la fin des réticences

En attendant une évaluation exhaustive, les acteurs de la filière anacarde ont tiré, samedi à Ziguinchor, un bilan plus que positif de la présente campagne. C’était à l’occasion de l’Assemblée générale des dockers.

Au commencement était la polémique. Une ruée dans les brancards née de la décision du ministre du Commerce d’exporter à Dakar toute la production de la noix d’anacarde de Casamance à partir du port de Ziguinchor. Cette mesure prise, alors que « toutes les conditions n’étaient pas réunies », a fait couler beaucoup d’eau sous les ponts. Certains lobbies tenaient coûte que coûte à ce que l’exportation se fasse, comme il est de coutume, via Banjul ou par la route. Au finish, cette décision du ministre qui permet, désormais, au port de Ziguinchor de « profiter pleinement des activités et du développement économique de la région naturelle de Casamance, en captant les flux commerciaux se développant autour de la filière anacarde », a eu tous les effets escomptés, alors même que la campagne 2017-2018 n’est pas terminée.

« Au début, j’étais très pessimiste. Je me rends compte maintenant qu’il s’agit d’une très bonne mesure », confesse l’opérateur économique Aliou Coly.

En 3 mois et 10 jours d’activités, 31 329 067 tonnes d’anacarde – contre seulement 56 tonnes en 2017 – ont été évacuées pour un montant global estimé à 20 milliards 309 millions 487 200 mille francs Cfa. Selon Ousmane Ka, le chef du Service régional du commerce de Ziguinchor, « les résultats sont plus que positifs ». Cette mesure a permis de disposer de statistiques fiables sur l’anacarde, d’accroitre les recettes douanières et municipales, d’intensifier les flux commerciaux au port de Ziguinchor, mais également de recruter près de 450 dockers. Ces derniers se sont retrouvés en Assemblée générale (Ag) ce samedi, dans la capitale méridionale du pays, non pas pour égrainer un chapelet de doléances, mais pour saluer cette décision et dire toute leur satisfaction.

« La noix était exportée par la route via le port de Banjul (Gambie). Du coup, ce sont des centaines de dockers qui étaient laissés en rade. Cette mesure a fait travailler plus de 450 dockers, au grand bonheur de leurs familles, des femmes qui exercent dans les métiers connexes (restaurants, petits commerces…), des vendeurs de ‘café Touba’, etc. Nous sommes tous d’accord pour soutenir et accompagner cette mesure », a promis Lamine Mané au nom des dockers.


‘’Face aux lobbyistes, il fallait défendre les intérêts de la région’’

Cette mesure a été rendue possible grâce aux efforts conjugués de la Chambre de commerce de Ziguinchor, de l’Anam, du Cosec, de la douane, des forces de sécurité et du Cosama, pour ne citer que ceux-là. Selon Mamadou Moussa Niang, le commandant du port, les résultats obtenus constituent « la victoire de la persévérance ». « Outre le regain d’activités au port, aucun accident, ni avarie n’a été relevé tout au long de cette campagne. Le directeur général du Cosec, qui prenait part à la rencontre, a salué le professionnalisme des dockers et l’engagement de tous les acteurs. C’est une décision salutaire. Face aux lobbyistes, il fallait défendre les intérêts des populations et de la région (…) Au-delà de l’anacarde, il s’agit de faire du port de Ziguinchor un hub logistique sous-régional », a souligné Mamadou Dione.

Cette présente campagne n’est pas encore à son terme. Selon nos informations, il reste encore près de mille tonnes à évacuer.


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