La tension monte sur deux fronts au Sénégal. Alors que plusieurs secteurs se préparent à une grève générale de trois jours à partir du mercredi 21 octobre 2026, Ousmane Sonko menace de faire rejeter les projets de loi de finances rectificative de 2026 et de budget initial de 2027. Ces deux dossiers dominent la presse sénégalaise de ce mardi 20 octobre, entre les appels au dialogue de l’Exécutif et les désaccords sur les choix économiques du pays.
Dans le quotidien Le Soleil, l’accent est mis sur la tentative du gouvernement de désamorcer la crise sociale. Neuf ministres ont pris la parole lundi 19 octobre pour présenter les mesures engagées en faveur des travailleurs et défendre le bilan de l’État dans l’application du Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive. Le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté, a notamment évoqué les recrutements, les intégrations administratives et les avancées en matière de protection sociale. Il a également appelé les syndicats à privilégier le dialogue et à suspendre leur mot d’ordre de grève.
L’Observateur décrit, de son côté, un Exécutif sous pression, qui tente de convaincre les partenaires sociaux à la veille d’un mouvement annoncé dans plusieurs secteurs. Le journal rapporte que les autorités mettent en avant les progrès réalisés dans l’exécution des engagements sociaux, tout en alertant sur les conséquences possibles d’un arrêt de travail de 72 heures pour la croissance économique nationale.
Même préoccupation chez Sud Quotidien, qui revient sur les grèves prévues les 21, 22 et 23 octobre dans l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, la justice et les transports. Sur les 84 engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive, 35 auraient été entièrement réalisés et 25 seraient en cours d’exécution, selon les chiffres présentés par le ministre. Le gouvernement cite notamment la généralisation de l’indemnité de logement, les régularisations administratives et les recrutements dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Malgré ces avancées revendiquées, les tensions avec les centrales syndicales restent vives.
L’autre sujet majeur concerne les finances publiques. À l’approche de l’examen des projets de loi de finances rectificative de 2026 et de loi de finances initiale de 2027, Ousmane Sonko affiche son opposition à plusieurs orientations du gouvernement dirigé par Amadou Al Aminou Lô. Selon Sud Quotidien, le président de PASTEF-Les Patriotes conditionne le soutien des députés de son parti à des mesures visant notamment à encadrer légalement les fonds spéciaux.
Les Echos souligne que cette prise de position intervient après plusieurs semaines de silence du leader de Pastef. Entouré de ses proches collaborateurs, Ousmane Sonko a exposé ses désaccords avec le président Bassirou Diomaye Faye et critiqué les arbitrages budgétaires de l’Exécutif. La baisse des subventions, le pouvoir d’achat des ménages et le contrôle de l’argent public figurent parmi les points de friction. Le journal rapporte également qu’il a invité le Premier ministre Amadou Al Aminou Lô à un débat public sur les termes de la loi de finances rectificative.
De son côté, Yoor Yoor résume cette offensive par une formule : Ousmane Sonko « met le budget en sursis ». Le journal évoque plusieurs exigences, dont un encadrement strict des fonds spéciaux, une baisse des taxes sur le diesel et une réévaluation des bourses familiales. Le leader de Pastef conteste aussi certaines orientations économiques liées au Fonds monétaire international (FMI). Il estime que les choix budgétaires ne doivent pas faire peser l’effort de redressement sur le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.
Entre les menaces de grève et le bras de fer autour des finances publiques, l’Exécutif sénégalais fait ainsi face à une séquence délicate. La capacité du gouvernement à renouer le dialogue avec les syndicats et à trouver un terrain d’entente sur les textes budgétaires sera déterminante dans les prochains jours.




