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Sénégal : entre bilan politique et polémique sur la dette

Deux ans après l’élection de Bassirou Diomaye Faye, la presse sénégalaise dresse un bilan contrasté et une controverse sur la…

Deux ans après l’élection de Bassirou Diomaye Faye, la presse sénégalaise dresse un bilan contrasté et une controverse sur la dette ravive les débats.

Dakar, 24 mars : Le deuxième anniversaire de l’élection du président Bassirou Diomaye Faye et les révélations du Financial Times sur les emprunts du Sénégal dominent les quotidiens reçus ce mardi.

Le quotidien Le Soleil revient sur cet anniversaire sous le titre « Entre ambitions et contraintes ». Deux ans après son arrivée au pouvoir, le chef de l’État a engagé plusieurs réformes institutionnelles présentées comme les bases d’une refondation de l’État et d’un renforcement démocratique. Toutefois, leur mise en œuvre reste encore attendue, selon le journal.

De son côté, Sud Quotidien rappelle que le président, élu dès le premier tour en mars 2024, avait suscité un fort espoir avec un programme axé sur la rupture.

Le journal note que, malgré certaines avancées, notamment sur le coût de la vie, plusieurs réformes importantes, en particulier dans les domaines de la justice, de l’emploi et de la gouvernance, tardent à se concrétiser. Une situation qui alimente les attentes et les interrogations.

WalfQuotidien évoque pour sa part « deux ans de gymnastique économique », estimant que le projet de redressement du pays n’a pas produit les résultats escomptés.

Dans ses colonnes, l’économiste Meïssa Babou souligne que ces deux années ont été marquées par un ralentissement économique, lié notamment à un niveau d’endettement élevé, estimé à près de 132 %, avec un service de la dette proche du budget national pour 2026.

L’Observateur parle d’un « choc de réalité ». Le journal estime que, deux ans après l’alternance, le bilan apparaît mitigé pour le tandem Bassirou Diomaye Faye-Ousmane Sonko. Selon lui, plusieurs secteurs clés, notamment la santé, l’éducation, l’agriculture et la diplomatie, font face à des difficultés persistantes. Le journal évoque également un contexte marqué par des réformes qui peinent à produire des résultats, un climat social tendu et des divergences de plus en plus visibles au sein de l’Exécutif.

Parallèlement, la presse se fait largement l’écho des révélations du Financial Times, selon lesquelles le Sénégal aurait contracté des emprunts importants sans communication publique. Le média britannique indique que le pays aurait mobilisé 650 millions d’euros auprès de l’Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank, à travers des instruments financiers appelés « total return swaps ».

Ces opérations, qui offrent des avantages particuliers aux créanciers, soulèvent des préoccupations sur la transparence et la gestion de la dette. Pour plusieurs journaux, ces révélations pourraient relancer la polémique autour de la « dette cachée » qui agite le pays depuis près de deux ans.

Le Quotidien souligne que, malgré les critiques sur la dette héritée du régime précédent de Macky Sall, le gouvernement actuel aurait lui-même eu recours à des financements jugés contraignants.

L’As estime que ces pratiques interrogent sur la gouvernance de la dette souveraine, même si elles visent à mobiliser rapidement des ressources.

De son côté, Le Soleil rapporte que le gouvernement rejette toute accusation d’opacité. Le ministère des Finances assure que ces opérations respectent les règles en vigueur.

Il rappelle que la politique d’endettement du Sénégal est encadrée par une stratégie à moyen terme, axée sur la diversification des sources de financement afin de limiter les risques et d’optimiser les coûts.

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