Le Sénégal pourrait bientôt accéder à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), alors que le mandat du président sierra-léonais Julius Maada Bio arrive prochainement à son terme.
L’information a été annoncée vendredi par Cheikh Niang, ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Selon lui, Dakar dispose de « fortes chances » d’assurer la présidence tournante de l’organisation régionale pour l’année à venir.
Le chef de la diplomatie sénégalaise a indiqué que cette éventuelle responsabilité permettrait au Sénégal de renforcer son implication dans plusieurs dossiers régionaux majeurs, notamment la crise malienne et les efforts de mobilisation du soutien international en faveur du Mali.
Cette perspective intervient alors que le Sénégal a déjà renforcé son influence au sein de l’organisation ouest-africaine. En décembre 2025, lors de la 68e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement tenue à Abuja, le pays avait obtenu la présidence de la Commission de la Cédéao pour le mandat 2026-2030, une première dans son histoire.
Le Sénégal doit ainsi succéder au diplomate gambien Omar Alieu Touray à la tête de l’organe exécutif de l’institution régionale. À l’époque, les autorités sénégalaises avaient attribué ce succès aux orientations diplomatiques impulsées par le président Bassirou Diomaye Faye.
Si Dakar obtenait également la présidence tournante de la Conférence des chefs d’État, le Sénégal cumulerait alors la direction politique et exécutive de la Cédéao. Bassirou Diomaye Faye succéderait dans ce cas à Julius Maada Bio, désigné président en exercice lors du 67e sommet de l’organisation tenu le 22 juin 2025.
Une telle configuration placerait le Sénégal au cœur des principaux enjeux sous-régionaux, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires au Sahel, les tensions persistantes avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — ainsi que les interrogations croissantes autour de l’avenir et de l’autorité de l’organisation régionale.




