La formation du nouveau gouvernement sénégalais continue de faire couler beaucoup d’encre. Dix jours après le départ d’Ousmane Sonko de la Primature et plus d’une semaine après la nomination d’Ahmadou Al Aminou Lo à la tête du gouvernement, la composition de la nouvelle équipe ministérielle n’a toujours pas été dévoilée. Une situation qui domine largement les commentaires de la presse nationale ce lundi.
Plusieurs quotidiens s’interrogent sur les raisons de ce délai inhabituel. Pour de nombreux observateurs, cette attente prolongée traduirait l’existence de négociations complexes au sein de la majorité présidentielle.
Le Quotidien évoque notamment des discussions intenses entre le nouveau Premier ministre et les responsables du PASTEF, formation politique qui dispose aujourd’hui d’une confortable majorité à l’Assemblée nationale. Selon le journal, le parti chercherait à peser sur les choix gouvernementaux afin de préserver ses équilibres internes et ses orientations politiques.
Cette période de flottement suscite également des critiques. Dans ses colonnes, L’As estime que le pays traverse une phase d’incertitude alors que plusieurs dossiers économiques et sociaux exigent des décisions rapides. Le journal souligne que la nomination du chef du gouvernement n’a pas encore permis de relancer pleinement l’action de l’exécutif. Cette situation nourrit les spéculations sur d’éventuelles divergences stratégiques au sommet de l’État et sur les arbitrages nécessaires pour constituer une équipe consensuelle.
Au-delà des considérations politiques, plusieurs observateurs rappellent que les attentes de la population restent fortes dans un contexte marqué par de nombreux défis liés à l’emploi, au coût de la vie et aux réformes économiques annoncées.
Sur le terrain diplomatique, un autre sujet retient l’attention de la presse sénégalaise. Le Sénégal a officiellement décidé de présenter la candidature du général d’armée aérienne Birame Diop à la présidence de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Cette candidature, soutenue par le président Bassirou Diomaye Faye, sera portée lors du prochain sommet des chefs d’État de l’organisation régionale prévu en juillet 2026.
Plusieurs médias mettent en avant l’expérience du général Birame Diop dans les domaines de la sécurité, de la prévention des conflits et de la gouvernance. Son parcours est présenté comme un atout majeur pour diriger l’institution sous-régionale dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires et politiques en Afrique de l’Ouest.
La visite officielle effectuée ce week-end par le président sénégalais en Gambie occupe également une place importante dans l’actualité. À Banjul, Bassirou Diomaye Faye et son homologue Adama Barrow ont échangé sur le renforcement de la coopération bilatérale, la stabilité régionale ainsi que plusieurs dossiers d’intérêt commun.
Enfin, la presse revient largement sur le centenaire de l’ancien président Abdoulaye Wade. Figure majeure de la vie politique sénégalaise, le fondateur du Parti démocratique sénégalais (PDS) est célébré pour son rôle dans la démocratisation du pays et son long combat dans l’opposition avant son accession au pouvoir en 2000.
De nombreux éditorialistes rappellent le parcours singulier de celui qui aura marqué plusieurs générations de Sénégalais, aussi bien par sa longévité politique que par son influence sur l’évolution démocratique du pays.




