La décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi de révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale le 29 juin domine largement les quotidiens sénégalais parus ce vendredi 10 juillet. Saisie en urgence par le président de la République, l’institution a jugé la procédure contraire à la Constitution, estimant que plusieurs irrégularités majeures avaient entaché son adoption.
Pour Le Soleil, les sages ont sanctionné de « graves vices de procédure » imputés à l’Assemblée nationale, notamment le non-respect des règles relatives au financement budgétaire ainsi que le refus d’accéder à la demande de « vote bloqué » formulée par l’exécutif.
Même constat dans Sud Quotidien, qui souligne que le Conseil constitutionnel a purement et simplement annulé la loi portée par le groupe parlementaire majoritaire Pastef-Les Patriotes. WalfQuotidien y voit un désaveu du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, tandis que L’As résume la décision en une formule : « Les sages freinent Sonko ».
Selon Les Échos, la haute juridiction a rejeté l’ensemble des arguments développés dans le mémoire en réponse du président de l’Assemblée nationale. Le quotidien relève que l’un des principaux griefs retenus concerne le refus opposé à la demande du ministre de la Justice d’appliquer la procédure du vote bloqué.
Au-delà de l’aspect juridique, Tribune estime que cette décision revêt une forte portée institutionnelle. Le journal considère qu’elle tranche un bras de fer entre le président de la République et l’Assemblée nationale, en permettant au chef de l’État de faire obstacle à une révision constitutionnelle dont il ne maîtrisait ni le calendrier ni le contenu. Le quotidien souligne également que le Conseil constitutionnel réaffirme, à travers cette décision, que les lois de révision constitutionnelle, y compris lorsqu’elles émanent du Parlement, demeurent soumises au contrôle de constitutionnalité.
De son côté, L’Observateur voit dans cette décision une jurisprudence qui réaffirme les prérogatives du président de la République. Le journal estime qu’elle consacre le vote bloqué comme un levier institutionnel majeur entre les mains du chef de l’État, tout en rappelant la primauté de l’État de droit sur la seule logique de majorité parlementaire.




