La dette intérieure de l’État et les difficultés d’écoulement du riz local occupent largement les Unes des quotidiens sénégalais ce jeudi. Entre les mises en garde du patronat sur les risques de licenciements et les mesures annoncées par le gouvernement pour soutenir la filière rizicole, la presse met en lumière deux dossiers aux importantes implications économiques.
La question de la dette intérieure retient particulièrement l’attention. Citant le président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, Le Quotidien rapporte que les entreprises sénégalaises pourraient être contraintes de procéder à des licenciements si l’État n’accélère pas le règlement de ses arriérés. Selon lui, les entreprises ont déjà fait preuve de suffisamment de patience et les charges qu’elles supportent sont désormais devenues « insupportables ».
Cette alerte a été lancée lors d’une rencontre avec la vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre du Travail et de l’Économie sociale, Yolanda Díaz. D’après L’As, Baïdy Agne a salué la décision des autorités de relancer les chantiers du secteur du BTP tout en appelant le gouvernement à accélérer l’apurement de la dette intérieure afin de soulager les entreprises.
Dans la même dynamique, WalfQuotidien évoque une « pression maximale » exercée sur l’État par le secteur privé. Le journal souligne que le patronat continue d’attendre des actes concrets après les annonces gouvernementales, Baïdy Agne affirmant espérer que les engagements pris récemment en Conseil des ministres seront rapidement suivis d’effets.
L’autre grand sujet de la revue de presse concerne la mévente du riz local, devenue, selon Enquête, un véritable casse-tête pour les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal. Le quotidien souligne le paradoxe d’un pays qui demeure l’un des principaux importateurs de riz en Afrique de l’Ouest alors que la production nationale peine à trouver des débouchés. Les producteurs dénoncent notamment une concurrence qu’ils jugent faussée par les subventions accordées au riz importé et s’interrogent sur la progression continue des importations malgré les annonces de récoltes records.
Face à cette situation, le gouvernement a décidé de suspendre pendant un mois la délivrance des Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA), principal document autorisant les importations de riz. Le Soleil explique que cette mesure, adoptée à l’issue d’une réunion entre les autorités, les commerçants et les acteurs de la filière, vise à favoriser l’écoulement de la production nationale.
Pour Le Quotidien, cette décision marque un tournant dans la stratégie des pouvoirs publics. Le journal souligne que la suspension temporaire des importations s’accompagne d’un futur mécanisme liant les quotas d’importation à l’achat du riz local, ainsi que d’un soutien accru aux rizeries. Une approche destinée à réduire les stocks invendus et à renforcer durablement la place du riz produit au Sénégal sur le marché national.



