Santé




Souveraineté pharmaceutique : Duopharm pose les bases d’une industrie du médicament au Sénégal

Le Sénégal avance une nouvelle pièce dans son ambition de bâtir une véritable souveraineté pharmaceutique. Le groupe Duopharm a franchi…

Le Sénégal avance une nouvelle pièce dans son ambition de bâtir une véritable souveraineté pharmaceutique. Le groupe Duopharm a franchi un nouveau cap avec deux réalisations majeures : l’inauguration de son nouveau siège à Rufisque Est et la pose de la première pierre de l’usine Défi Pharma. Deux actes posés mardi 21 juillet, sous la présidence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, en présence des représentants de l’Ordre des pharmaciens, des syndicats, des associations professionnelles, des autorités publiques ainsi que des partenaires financiers et techniques.

Pour le ministre, ces investissements traduisent une « révolution silencieuse » portée par le groupe Duopharm. À travers ses nouvelles infrastructures, l’entreprise ambitionne de contribuer au positionnement du Sénégal comme un pôle d’excellence pharmaceutique en Afrique de l’Ouest, aussi bien dans le domaine de la distribution que dans celui de la production.

Le nouveau siège du groupe, réalisé grâce à un investissement de sept milliards de francs CFA, symbolise, selon la présidente du Conseil d’administration de Duopharm, Dr Sokhna Diagne Ndiaye, l’aboutissement d’un pari engagé depuis quinze ans par les pharmaciens sénégalais : celui de construire collectivement leur propre outil de distribution pharmaceutique.

Avec un capital entièrement détenu par 555 pharmaciens, Duopharm revendique aujourd’hui des résultats significatifs. Sa présidente du Conseil d’administration évoque 19 % de parts de marché, plus de 1 200 officines approvisionnées et 250 collaborateurs, dont 35 % de femmes. Le groupe met également en avant sa contribution aux finances publiques, avec 23 milliards de francs CFA versés à l’État au cours des quinze dernières années.

Au-delà de son activité économique, Duopharm souligne également son engagement social. Plus de 150 millions de francs CFA ont ainsi été consacrés à la lutte contre le cancer et au soutien à l’hôpital Dalal Jamm dans le domaine du diagnostic de l’infertilité.

Mais le véritable symbole de cette ambition industrielle reste le projet Défi Pharma. Cette future usine, dont le coût est estimé à 23,3 milliards de francs CFA, sera construite sur une superficie de 2,5 hectares. Elle doit permettre de réduire la dépendance du Sénégal aux importations de médicaments et contribuer à couvrir 50 % des besoins nationaux à l’horizon 2035.

Selon Dr Sokhna Diagne Ndiaye, l’unité disposera d’importantes capacités de production avec une prévision annuelle de 450 millions de comprimés, 50 millions de gélules, 20 millions de flacons de sirop et 10 millions de tubes de pommade.

Du côté du gouvernement, l’objectif affiché est encore plus ambitieux. Le ministre de l’Industrie et du Commerce souhaite voir le Sénégal atteindre progressivement 60 à 70 % de production locale de médicaments dans les dix prochaines années. Serigne Guèye Diop a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner cette dynamique, notamment à travers des mesures de régulation favorables au développement de l’industrie pharmaceutique nationale.

La recherche et l’innovation occupent également une place centrale dans cette stratégie. Dr Sokhna Diagne Ndiaye a annoncé l’installation prochaine d’un laboratoire-école destiné à valoriser les ressources naturelles du pays et à renforcer les liens entre l’industrie et l’université. « Il n’y a pas d’industrie durable sans recherche », a-t-elle souligné.

Une orientation soutenue par le ministre, avec l’appui de partenaires techniques et financiers comme la Société financière internationale (SFI) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). À terme, l’usine Défi Pharma devrait générer 130 emplois directs qualifiés et 400 emplois indirects.

Selon le calendrier prévu, une première phase de conditionnement débutera en juillet 2027, avant un démarrage effectif de la production annoncé pour mai 2028. Avec ce projet, le Sénégal entend franchir une nouvelle étape vers une industrie pharmaceutique capable de répondre davantage aux besoins de sa population et de renforcer son autonomie sanitaire.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP