La décision du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public provoque une vive réaction dans le secteur pétrolier sénégalais. L’Association sénégalaise des pétroliers (ASP) s’oppose à l’application de la Convention collective nationale du pétrole et du gaz aux entreprises implantées dans la région de Kédougou.
La mesure découle d’une circulaire de l’Inspection régionale du travail émise le 20 août. Celle-ci demande que les contrats des travailleurs intervenant dans la distribution, le stockage et le transport des produits pétroliers soient désormais rattachés à la convention collective du pétrole et du gaz. Signée en 2019 puis étendue en 2023, cette convention doit ainsi se substituer à celle applicable au secteur du commerce.
Pour l’ASP, cette décision aurait dû faire l’objet d’échanges préalables avec les professionnels concernés. Son président, Ameth Guissé, déplore ainsi l’absence de concertation, alors que la question avait déjà fait l’objet de longues discussions sans qu’un accord ne soit trouvé sur l’opportunité d’une telle application. Le patronat rappelle à ce titre qu’« une disposition légale ne peut être ni partielle ni partiale ».
L’organisation estime surtout que l’application effective de cette convention nécessite de prendre en compte les réalités économiques du secteur. Elle invite notamment le ministre du Travail à considérer la question de la marge des distributeurs, dont la revalorisation est réclamée depuis 2015. Selon l’ASP, cette revalorisation avait fait l’objet d’un engagement de l’État et avait été étayée par une étude réalisée par le cabinet Mazars.
Derrière le débat juridique et social se profile surtout une inquiétude économique. L’ASP estime que l’application de la nouvelle convention pourrait entraîner un doublement des salaires, sans que cette hausse soit intégrée dans la structure des prix des produits pétroliers, laquelle reste fixée par l’État. Une telle situation pourrait, selon le patronat, fragiliser les entreprises de distribution à gérance directe et mettre en danger certains emplois.
Face à ces risques, l’Association sénégalaise des pétroliers appelle les autorités à mesurer les conséquences économiques de la décision. Elle leur rappelle leur responsabilité dans la préservation de la viabilité des entreprises et dans l’évaluation de la soutenabilité des mesures appliquées au secteur pétrolier.




