La presse sénégalaise revient largement, ce jeudi 27 août 2026, sur deux sujets qui occupent l’actualité nationale : l’irrecevabilité de la proposition de loi sur les crédits spéciaux et les messages délivrés lors de la célébration du Mawlid à Tivaouane.
Le Conseil constitutionnel concentre d’abord l’attention des quotidiens. Saisi par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo, l’institution a déclaré irrecevable, mardi 25 août, la proposition de loi n°36/26 portant sur le régime juridique des crédits spéciaux. Le texte, porté par la majorité parlementaire, avait été adopté en commission avant son inscription à l’ordre du jour d’une séance plénière.
Pour Le Soleil, cette décision constitue un revers pour les députés à l’origine du texte et renforce la position du gouvernement. Le journal rapporte que les Sages ont estimé que certaines dispositions relevaient du domaine de la loi organique et du pouvoir réglementaire. La procédure parlementaire ne pouvait donc pas se poursuivre dans sa forme initiale.
Sud Quotidien parle pour sa part d’un « faux pas de la majorité ». Le quotidien insiste sur le fait que le Conseil constitutionnel ne s’est pas prononcé sur l’opportunité politique des crédits spéciaux ni sur leur principe. Les Sages ont plutôt rappelé les limites qui séparent les compétences respectives de la loi, de la loi organique et du règlement.
Cette distinction est également au cœur de la lecture du Quotidien. Le journal estime que les Sages ont ainsi « recadré » les députés de Pastef en réaffirmant la place du pouvoir exécutif dans l’organisation et la gestion des dépenses publiques. L’As et Les Echos insistent eux aussi sur le coup d’arrêt porté à l’initiative parlementaire.
WalfQuotidien replace cette décision dans une séquence plus large. Le journal relève que le parti au pouvoir vient de connaître un nouveau revers devant le Conseil constitutionnel, après le rejet d’une précédente proposition portant sur une révision de la Constitution. Selon la publication, les parlementaires avaient notamment tenté d’inscrire dans la loi des modalités pratiques liées à l’engagement, au paiement et au contrôle des crédits spéciaux, empiétant ainsi sur des prérogatives réservées à l’Exécutif.
À quelques jours de la Déclaration de politique générale du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Elle intervient alors que les relations entre l’Exécutif et la majorité parlementaire restent marquées par des divergences sur la gestion des ressources publiques et l’équilibre des pouvoirs.
L’autre grande actualité mise en avant par les journaux est religieuse. La célébration du Mawlid a mobilisé les fidèles à Tivaouane, où les autorités religieuses ont placé l’évènement sous le signe de la paix, de l’unité et de la responsabilité citoyenne.
L’Observateur revient sur le message du khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour. À l’occasion du Gamou, celui-ci a articulé son intervention autour de trois valeurs : la paix, l’Amâna et l’unité. Un message qui résonne particulièrement dans un contexte national marqué par les tensions politiques.
Le Soleil souligne de son côté que la cérémonie officielle du Gamou, organisée mardi 25 août dans la cité religieuse de Maodo, a été dominée par les appels à la fraternité et au rapprochement. La veillée du Mawlid s’est inscrite cette année autour du thème du Tawhid, tandis que les fidèles ont communié dans la foi.
WalfQuotidien insiste enfin sur la portée politique du message délivré depuis Tivaouane. Alors que les divergences se multiplient entre les différents acteurs politiques, le khalife général des Tidianes a appelé au dialogue entre le pouvoir et l’opposition. Il a invité les protagonistes à privilégier la concertation et l’apaisement afin de préserver la stabilité et la paix du Sénégal.
Entre le rappel des limites du pouvoir parlementaire par les Sages et l’appel au dialogue lancé depuis Tivaouane, la presse sénégalaise met ainsi en lumière deux enjeux majeurs de l’actualité nationale : l’équilibre institutionnel et la préservation de la cohésion sociale.




