FMI-Sénégal : Ousmane Sonko livre sa position sur l’accord avec Dakar

L’accord de principe trouvé entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) n’a pas tardé à susciter des réactions…

L’accord de principe trouvé entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) n’a pas tardé à susciter des réactions à Dakar. Au lendemain de la mission menée du 19 août au 1er septembre 2026, l’institution financière a annoncé une entente avec les autorités sénégalaises sur un nouveau programme de 36 mois. Le dispositif doit être conclu au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), pour un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, soit 1,54 milliard de droits de tirage spéciaux (DTS).

Quelques heures seulement après cette annonce, Ousmane Sonko a pris la parole. Dans une publication sur ses réseaux sociaux, le président de l’Assemblée nationale a demandé davantage de précisions au gouvernement sur le contenu de l’accord. Il rappelle d’abord que l’entente annoncée par le FMI et les autorités sénégalaises reste technique. Sa validation définitive dépend encore de l’approbation du conseil d’administration du Fonds.

Pour Ousmane Sonko, cette première annonce ne permet toutefois pas de mesurer précisément les obligations qui pourraient incomber au Sénégal. Il estime que le langage diplomatique utilisé par les deux parties ne renseigne pas suffisamment sur les détails du projet. Une question lui paraît particulièrement importante : celle du traitement de la dette sénégalaise.

L’ancien Premier ministre demande également que les principales réformes envisagées soient rendues publiques. Il cite notamment les mesures destinées à assurer la viabilité des finances publiques, protéger les ménages vulnérables et renforcer la mobilisation des ressources intérieures. La rationalisation des dépenses, les mécanismes de protection sociale et la supervision des entreprises publiques figurent également parmi les sujets qu’il souhaite voir détaillés. Il ajoute à cette liste les mesures concernant l’environnement des affaires ainsi que les audits internationaux de la dette précédemment exigés.

À ses yeux, ces engagements ne concernent pas seulement les autorités qui ont négocié l’accord. Ils engagent l’ensemble des Sénégalais, qui devront en supporter les conséquences présentes et futures. Ousmane Sonko affirme d’ailleurs avoir participé pendant plusieurs mois aux discussions avec le FMI. Il dit connaître certaines des orientations retenues et estime qu’elles pourraient, selon lui, reproduire des erreurs du passé. Il réclame donc une « transparence absolue » sur le contenu des négociations.

Dans cette logique, le président de l’Assemblée nationale évoque un document central dans les négociations avec le FMI : le mémorandum de politiques économiques et financières. Selon lui, ce document formalise les engagements validés par les deux parties. Il demande ainsi au gouvernement de le rendre public afin de permettre aux citoyens de prendre connaissance des mesures envisagées et d’ouvrir un débat sur leurs conséquences. À défaut d’une publication, il souhaite que le document soit transmis à l’Assemblée nationale, au nom de sa mission de représentation populaire.

Le gouvernement apporte pour sa part une précision importante sur la question de la dette. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, assure que le Sénégal n’a pas choisi la voie d’une restructuration classique. Selon lui, le plan envisagé pour traiter la dette ne correspond pas à une restructuration « au sens classique du terme ». L’exécutif privilégierait plutôt une solution susceptible de s’étaler davantage dans le temps. Cette approche viserait notamment à éviter les conséquences que le gouvernement associe à une restructuration traditionnelle.

Entre l’annonce d’un financement potentiel de plusieurs milliards de dollars et les interrogations sur les engagements pris par Dakar, le nouvel accord avec le FMI ouvre donc une nouvelle séquence. Pour Ousmane Sonko, sa portée réelle ne pourra être appréciée qu’à la lumière du contenu précis des engagements sénégalais. Le gouvernement, lui, insiste sur une approche différente du traitement de la dette, alors que la validation définitive du programme reste encore attendue.

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