Ce mardi 8 septembre 2026, Ahmadou Al Aminou Lo franchit une étape importante depuis son arrivée à la tête du gouvernement sénégalais. À 10 heures, le Premier ministre doit présenter sa Déclaration de politique générale (DPG) devant l’Assemblée nationale. Nommé le 25 mai dernier en remplacement d’Ousmane Sonko, il exposera aux députés les principales orientations de l’action gouvernementale.
Ce rendez-vous intervient dans le cadre de la deuxième session extraordinaire de l’année. Celle-ci a été ouverte le 1er septembre, à la demande du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. La DPG devait initialement se tenir le même jour. Elle a finalement été reportée au 8 septembre par la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale. Cette décision s’est appuyée sur les articles 22 et 77 du Règlement intérieur de l’institution.
Le contexte dans lequel le chef du gouvernement prend la parole donne une portée particulière à son intervention. Quelques jours seulement avant cette DPG, le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont annoncé un accord au niveau des services. Celui-ci porte sur les principales politiques économiques devant accompagner un nouvel accord de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). L’enveloppe envisagée atteint environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de droits de tirage spéciaux (DTS).
Ce montant représente environ 475 % de la quote-part du Sénégal au FMI. Le nouvel accord n’est toutefois pas encore définitif. Il doit obtenir l’aval de la direction du Fonds, puis celui de son Conseil d’administration. S’il est approuvé, il doit accompagner le programme de réformes économiques et financières du Sénégal sur la période 2026-2029. C’est donc dans ce contexte que le Premier ministre doit exposer les priorités de son gouvernement devant les députés.
Le programme économique prévoit notamment d’augmenter la mobilisation des recettes intérieures et de mieux maîtriser les dépenses publiques. La gestion de la dette doit également être renforcée. Les autorités prévoient aussi d’améliorer le suivi des arriérés intérieurs et la supervision des entreprises publiques. Sur le volet social, le gouvernement entend renforcer les mécanismes de protection sociale. Des transferts monétaires ciblés sont notamment prévus afin de mieux accompagner les populations concernées.
La question de la dette occupe également une place centrale dans cette nouvelle trajectoire économique. Les autorités sénégalaises ont annoncé leur intention de demander un traitement de leur dette. L’objectif affiché est de restaurer sa viabilité et de libérer des marges budgétaires pour financer les secteurs jugés prioritaires. Le gouvernement prévoit par ailleurs d’adopter en 2027 une stratégie de recettes à moyen terme. Celle-ci doit permettre d’accroître durablement les ressources fiscales.
L’amélioration de l’environnement des affaires et le renforcement de l’inclusion financière figurent également parmi les orientations annoncées. Ces réformes doivent accompagner une économie qui affiche déjà plusieurs indicateurs favorables, malgré les contraintes actuelles. Selon le FMI, le Sénégal a enregistré une croissance réelle de 6,7 % en 2025. Cette performance a notamment été portée par la première année complète de production pétrolière.
Dans le même temps, la croissance du PIB hors pétrole et gaz a atteint 2,2 % en 2025. Elle s’est ensuite accélérée à 4,7 % au premier trimestre 2026, principalement grâce à la consommation privée. L’inflation s’est, quant à elle, établie à 1,4 %. Mais le futur programme avec le FMI reste soumis à plusieurs conditions. Le Sénégal devra notamment mettre en œuvre des mesures correctrices liées au précédent cas de communication d’informations erronées. Les autorités devront également obtenir les assurances de financement nécessaires auprès des partenaires du pays.
En présentant sa DPG, Ahmadou Al Aminou Lo devra donc exposer la trajectoire de son gouvernement dans un environnement où les enjeux institutionnels et économiques se rejoignent. Son intervention doit donner un aperçu des choix retenus pour les prochaines années, alors que le Sénégal cherche à restaurer ses équilibres financiers tout en maintenant ses ambitions de développement.




