L’ancien directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (Dage) du ministère des Mines, Alassane Diallo, et le chef d’entreprise Ibrahim Issa ne feront finalement pas face à des poursuites pour détournement de deniers publics dans une affaire portant sur un marché de 119,87 millions de F CFA.
Le troisième cabinet d’instruction de Dakar a rendu une ordonnance de non-lieu en leur faveur. Cette décision a ensuite été confirmée par la Chambre d’accusation de Dakar dans un arrêt rendu le 3 septembre 2026. Le dossier trouve son origine dans les constatations du rapport de la Cour des comptes consacré à la gestion du fonds « Force Covid » sur la période 2020-2021. Il concernait un marché destiné à la construction et à l’équipement d’une unité de traitement gravimétrique à Kédougou, au profit des orpailleurs.
Au total, 119,87 millions de F CFA avaient été décaissés par le Trésor public au bénéfice de la Société commerciale du Groupe Issa (SCGI). Sur cette somme, 73,2 millions de F CFA avaient été réglés alors que les travaux de construction n’avaient pas encore commencé sur le site.
Au cours de l’instruction, Alassane Diallo et Ibrahim Issa ont expliqué que ce paiement anticipé avait pour objectif de préserver les fonds publics, alors menacés d’annulation avec la clôture de la gestion budgétaire 2020.
L’opération reposait sur une déclaration sur l’honneur du prestataire ainsi que sur des factures jugées régulières. Le démarrage des travaux restait toutefois conditionné à la mise à disposition d’un terrain de 1 000 m² par le gouverneur de la région de Kédougou.
Les investigations ont par ailleurs établi que le matériel d’équipement, évalué à 80 millions de F CFA, avait bien été acquis auprès du fournisseur du prestataire. Un procès-verbal de constat dressé par un huissier a contribué à établir cette acquisition.
Ces équipements ont ensuite été acheminés et livrés à Kédougou sur instruction de la tutelle ministérielle. Dans son ordonnance, le juge d’instruction a retenu l’existence d’un début d’exécution du marché. Il a également constaté que l’arrêt du projet était lié à l’indisponibilité du site prévu pour accueillir l’unité.
Le paiement avant la réalisation du service constituait bien une irrégularité sur le plan de la procédure administrative. Toutefois, le cabinet d’instruction n’a pas retenu l’existence d’une intention de détourner ou de soustraire les deniers publics.
L’absence d’élément moral permettant de caractériser l’infraction prévue par l’article 152 du Code pénal a conduit le juge à abandonner les charges visant les deux hommes. L’ordonnance de non-lieu a ensuite été confirmée par la Chambre d’accusation de Dakar le 3 septembre 2026.




