Sénégal : au-delà des grands patronats, plus de 30 organisations structurent le secteur privé

Derrière les quelques organisations patronales régulièrement présentes dans l’actualité, le secteur privé sénégalais repose sur un réseau beaucoup plus vaste.…

Derrière les quelques organisations patronales régulièrement présentes dans l’actualité, le secteur privé sénégalais repose sur un réseau beaucoup plus vaste. Plus de 30 organisations officielles participent à la vie économique du pays, chacune selon son secteur, sa taille, son influence et ses moyens.

Sur le devant de la scène médiatique figurent notamment la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), créée en 1983 et dirigée par feu Mansour Kama jusqu’à son décès en 2020, le Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), créé en 1985 et dirigé par Baïdy Agne, ainsi que le Mouvement des entreprises du Sénégal (MDES) de Mbagnick Diop.

Mais le paysage patronal ne se limite pas à ces trois structures. Plus d’une vingtaine d’organisations réunissent des hommes d’affaires, des investisseurs, des commerçants et des acteurs issus des différents secteurs de l’économie nationale. Les organisations féminines prennent également part à cette dynamique, avec pour objectif de défendre les intérêts du secteur privé et de contribuer à la création d’emplois.

Dans l’industrie, plusieurs structures représentent les intérêts des professionnels. C’est le cas de l’Union des prestataires, des industriels et des commerçants du Sénégal (UPIC), du Syndicat professionnel des industries du Sénégal (SPIDS), du Groupement professionnel de l’industrie du pétrole du Sénégal (GPP), de l’Association des industries et prestataires de services de la zone franche industrielle de Dakar (AIPS-ZFID) et de l’Union des entreprises du domaine industriel de Dakar (UEDID).

À leurs côtés, certaines organisations regroupent des acteurs issus de plusieurs branches. L’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS), l’Union nationale des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal (UNCCIAS), dirigée par le maire de Kaolack Serigne Mboup, ou encore l’Union nationale des commerçants et industriels pour le développement économique et financier du Sénégal (UNACOIDEFS) en font partie.

La Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD) constitue également une organisation patronale, tout comme l’Union nationale des chambres des métiers (UNCM). Le Conseil national du Cru (CONACRU), logé à la Chambre de commerce de Dakar et regroupant le Club de réflexion sur l’urbanisme (Cru), figure également parmi ces structures.

Le monde de la pêche, de l’agriculture et du commerce dispose lui aussi de ses organisations. Le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (GAIPES), l’Organisation des commerçants, agriculteurs, artisans et industriels du Sénégal (OCAAIS), le Syndicat des exportateurs des produits agricoles (SEPAS) et l’Union patronale des mareyeurs-exportateurs du Sénégal (UPAMES représentent ces différents intérêts. Les Conseillers du Commerce extérieur français (CCEF) participent également à cet environnement.

Le secteur privé sénégalais compte également plusieurs organisations représentant les investisseurs. Les Groupements économiques du Sénégal (GES) et le Club des investisseurs sénégalais (CIS) interviennent sur des secteurs stratégiques de l’économie.

Le CIS couvre notamment 11 domaines, parmi lesquels l’industrie, le numérique, les hydrocarbures, le BTP, la santé et l’éducation. L’actuel ministre du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, en a été le directeur exécutif entre 2019 et 2020.

Le Club des investisseurs français au Sénégal (CIFAS) s’inscrit également dans cet environnement patronal. Les autres branches disposent elles aussi de structures dédiées. Dans le Bâtiment et les Travaux publics, le Syndicat professionnel des entrepreneurs de Bâtiment et de Travaux publics du Sénégal (SPEBTPS) représente les professionnels du secteur. Dans les mines, le Syndicat des Mines de la République du Sénégal défend les intérêts des acteurs concernés.

Pour les petites entreprises, le Syndicat national de l’Ouest africain des Petites et moyennes entreprises et des Petites et moyennes industries (SYPAOA/PME/PMI) intervient dans la défense de leurs intérêts. Le secteur financier est représenté par l’Association professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Sénégal (APBEF), tandis que le Syndicat des pharmaciens réunit les acteurs du secteur pharmaceutique.

Les organisations féminines participent également à cette dynamique économique, même si leur représentativité reste limitée. Le Réseau africain de soutien à l’entrepreneuriat féminin (RASEF), l’Association des femmes d’affaires et femmes commerçantes (AFAC) et la Solidarité des femmes leaders (SOFEL) figurent parmi ces structures.

Au-delà de la représentation des intérêts professionnels, ces organisations participent chacune à leur niveau à la construction d’un marché du travail national plus compétitif et inclusif. Cette dynamique s’est notamment illustrée avec le renouvellement, le 23 avril dernier, de la Convention nationale État-employeurs privés pour la promotion de l’emploi. Le partenariat, conclu en 1987, n’avait plus été renouvelé depuis 2000.

À l’époque, Amadou Moustapha Sarré, alors ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, avait présenté cette convention comme un instrument de la politique nationale de l’emploi. Selon lui, elle devait permettre de transformer les orientations publiques en actions concrètes au profit des jeunes et des entreprises.

La diversité des organisations patronales sénégalaises traduit donc la multiplicité des intérêts et des secteurs qui composent le secteur privé national. Au-delà des structures les plus visibles, cet ensemble constitue un réseau d’acteurs qui participe au dialogue économique et à la réflexion sur l’emploi et l’investissement.

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