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Sénégal : le rejet de la LFR 2026 domine les Unes de la presse quotidienne

Le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale continue de faire réagir. Dans leurs…

Le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale continue de faire réagir. Dans leurs éditions de ce mercredi, les quotidiens sénégalais reviennent largement sur cette décision, ses conséquences budgétaires potentielles et le bras de fer politique qui l’a accompagnée.

Réunis en séance plénière mardi, les députés ont rejeté le texte après l’adoption d’une question préalable déposée par Amadou Ba, membre du groupe parlementaire majoritaire Pastef. Dans les colonnes de Sud Quotidien, le parlementaire aurait justifié cette démarche par des réserves sur la « sincérité des prévisions budgétaires ».

Face aux critiques, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a défendu le projet de loi. Il a notamment soutenu que la sincérité budgétaire n’avait jamais constitué un sujet de débat à l’Assemblée nationale, avant de s’en remettre à la décision du président de la République, rapporte le journal.

La procédure de rejet retient également l’attention du Soleil, qui titre « Rejet sans débats ». Le quotidien rappelle que la question préalable a conduit au rejet du texte par 109 voix contre 20, avec trois abstentions. Cette démarche a ainsi empêché l’examen du contenu du projet de loi.

Le journal rapporte par ailleurs les critiques de Cheikh Diba, qui estime que le refus d’un débat contradictoire prive les Sénégalais d’une discussion transparente sur l’état des finances publiques et les choix budgétaires du gouvernement.

De son côté, Le Quotidien met en avant les tensions politiques provoquées par cette séquence parlementaire. Sous le titre « Diktat de la majorité », le quotidien relève qu’une discussion générale aurait pu permettre d’exposer les points de désaccord. Mais la séance a plutôt donné lieu à une confrontation entre l’opposition et le gouvernement, chacun accusant l’autre de chercher à éviter le débat.

Les conséquences financières du rejet occupent une place importante dans les autres publications. À la une de L’Observateur, le titre « Priez, l’heure est grave » traduit les inquiétudes suscitées par la décision des députés. Le journal évoque 1 115,7 milliards de francs CFA de crédits de paiement désormais en suspens.

Selon l’ancien député Babacar Gaye, spécialiste des questions parlementaires cité par le quotidien, cette situation pourrait affecter plusieurs projets inscrits dans le budget rectifié, notamment dans les secteurs des routes, des hôpitaux, de l’assainissement et des filets sociaux. Il estime également que l’État pourrait être contraint de recourir à des décrets d’avance pour assurer les dépenses obligatoires. Il évoque, en outre, des risques pour les accords avec le Fonds monétaire international (FMI) et pour la capacité du pays à honorer ses paiements.

Dans le même registre, Les Echos constate que les différentes tentatives de rapprochement entre l’exécutif et le législatif n’ont pas permis de débloquer la situation. Le quotidien souligne que l’examen du texte a été marqué par une confrontation soutenue entre le représentant du gouvernement et les députés de Pastef.

Pour L’Info, le rejet de la LFR 2026 place le Sénégal dans une situation budgétaire particulièrement préoccupante. Le journal estime que la décision des parlementaires rapproche le pays du « gouffre budgétaire » et souligne que la suite dépend désormais du président Bassirou Diomaye Faye.

Cette responsabilité est également évoquée par Cheikh Diba dans les propos rapportés par Vox Populi. Le ministre assure que le chef de l’État « assumera toutes ses responsabilités ». Il précise qu’en concertation avec le Premier ministre, des solutions devront être trouvées pour surmonter cette situation et permettre l’exécution des principales dispositions prévues dans le projet de loi.

Enfin, Enquête revient sur la défense des arbitrages budgétaires du ministre et ses mises en garde concernant d’éventuels délestages. Le quotidien souligne aussi que le rejet du texte pourrait retarder un accord avec le FMI et rendre plus difficiles les discussions relatives à la dette.

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