L’éventualité d’une présence de Macky Sall au Palais de la République continue de susciter des réactions au Sénégal. Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Aliou Sané, coordonnateur du mouvement citoyen Y’en a Marre, se fait particulièrement critique. Dans une publication rendue publique, il interpelle directement le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, l’appelant à ne pas poser un acte qu’il juge susceptible de heurter la mémoire des victimes des violences politiques enregistrées sous l’ancien régime.
Pour Aliou Sané, un accueil officiel réservé à l’ancien président de la République, Macky Sall, dans l’enceinte du Palais serait un symbole difficilement acceptable tant que les zones d’ombre entourant les événements tragiques des dernières années n’ont pas été éclaircies.
« Plus de deux ans après votre arrivée au pouvoir, dérouler aujourd’hui le tapis rouge du palais de la République à Macky Sall, alors qu’aucune lumière n’est faite sur les morts, les cas de torture, les emprisonnements de son régime, serait la pire insulte que vous puissiez faire à la mémoire de tous ces concitoyens tombés sous son règne », a déclaré le responsable de Y’en a Marre.
Dans sa prise de parole, Aliou Sané rappelle le poids des attentes encore présentes chez de nombreuses familles de victimes. Selon lui, plusieurs proches attendent toujours que justice soit rendue sur les décès, les arrestations et les accusations de torture qui ont marqué les années de tensions politiques avant l’alternance intervenue en 2024.
Le coordonnateur du mouvement citoyen revient également sur la « loi d’interprétation », un texte qui, selon lui, avait déjà provoqué incompréhension et colère auprès d’une partie de la population. À ses yeux, une éventuelle réception officielle de Macky Sall au Palais constituerait une nouvelle blessure pour les familles touchées et pour les citoyens qui portent encore les conséquences de cette période.
« Un autre pied de nez aux familles éplorées, aux Sénégalaises et aux Sénégalais qui portent encore les stigmates de la prison », a-t-il dénoncé, appelant ainsi les autorités actuelles à prendre en compte la douleur de ceux qui réclament encore vérité et justice.




