Le coup de force de Pastef contre Diomaye Faye

DAKAR. Le présidence de Bassirou Diomaye Faye traverse sa première tempête politique, et elle vient de son propre camp. Dans une déclaration cinglante, Pastef – Les Patriotes a opposé un refus catégorique aux tentatives du chef de l’État de reprendre en main la coalition « Diomaye Président ». Le parti d’Ousmane Sonko dresse ses propres lignes rouges et affirme que la refondation est déjà en marche… sans le président.

« La coalition n’a jamais eu comme président Bassirou Diomaye FAYE, qui en était uniquement le candidat. » La phrase, lapidaire, résume l’état d’esprit qui règne au sein de la formation politique. Traduction : l’élection ne confère pas tous les pouvoirs. Le président veut restructurer ? Trop tard, rétorque Pastef. Le travail est déjà fait, bouclé, et attend seulement sa validation.

L’APTE, la coalition fantôme qui fait de l’ombre

Dans l’ombre du palais présidentiel, une autre coalition a pris forme. Son nom : APTE, pour Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique. Ses textes fondateurs – charte, règlement intérieur, structuration – sont prêts, assure le parti. Sa présidente désignée : Aissatou Mbodj, que Pastef défend bec et ongles contre ce qu’il perçoit comme une tentative d’éviction.

« Monsieur Bassirou Diomaye FAYE n’a pas le pouvoir de démettre Madame Aissatou MBODJ », martèle le communiqué. Le message est clair : la légitimité vient de la Conférence des leaders, pas de la fonction présidentielle. Une distinction qui pourrait bien redéfinir les rapports de force au sein de la majorité.

La fracture Aminata Touré

Autre ligne de fracture : la place d’Aminata Touré. Le rejet est total, sans appel. « PASTEF et ses alliés ne se reconnaissent dans aucune initiative coordonnée par Madame Aminata Touré, avec qui nous ne partageons ni les mêmes valeurs ni les mêmes principes. » La déclaration sonne comme une excommunication politique de l’ancienne ministre, proche du président.

Alors que Bassirou Diomaye Faye tente d’imprimer sa marque à la coalition victorieuse, Pastef campe sur ses positions et annonce qu’il poursuivra son agenda, avec ou sans l’aval présidentiel. La crise qui couvait depuis des semaines éclate au grand jour. Elle révèle une vérité cruelle : au Sénégal, la victoire électorale n’a pas suffi à unifier les ambitions. Le véritable combat pour le pouvoir ne fait que commencer.

Tanzanie : l’ONU exhume la vérité des urnes

GENÈVE. Les rues de Tanzanie portent encore les stigmates du scrutin du 29 octobre. Ce mardi, la voix de Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a brisé un silence assourdissant. Son verdict est sans appel : derrière les résultats officiels se cacherait un lourd bilan humain, fait de « centaines de manifestants et d’autres personnes tués », selon des informations recueillies par son organisation.

Le tableau dressé depuis Genève est sombre. Des corps qui disparaissent mystérieusement, des familles errant « d’un commissariat à l’autre et d’un hôpital à l’autre » dans une quête désespérée, des forces de sécurité accusées de faire disparaître les preuves. Le récit aurait presque des allures de cauchemar s’il ne s’agissait pas de la réalité tanzanienne.

La macabre traque aux corps

« Des informations inquiétantes font état de forces de sécurité en train de retirer des corps des rues et des hôpitaux pour les transporter vers des lieux non divulgués, dans une tentative apparente de dissimuler des preuves. » La déclaration de Türk frappe par sa crudité. Elle suggère une entreprise systématique d’effacement des traces, comme si la mort elle-même devait être mise sous silence.

Face à cette situation, le Haut-Commissaire lance un appel poignant : « J’exhorte vivement les autorités tanzaniennes à fournir des informations sur le sort et le lieu où se trouvent toutes les personnes disparues, et à remettre les corps des victimes à leurs familles. » La demande, simple en apparence, touche à l’essence même de la dignité humaine : permettre aux vivants d’enterrer leurs morts.

L’impossible décompte

Le Haut-Commissariat se heurte à un mur d’opacité. Impossible de vérifier indépendamment le nombre exact de victimes. Deux obstacles majeurs empêchent toute enquête sérieuse : « l’instabilité sécuritaire et la coupure d’Internet qui a suivi le vote« . Un black-out numérique qui rappelle les pires heures des régimes autoritaires.

Dans cette atmosphère étouffante, les arrestations se multiplient. « Plus de 150 personnes » auraient été interpellées depuis le scrutin, souvent sans « fondement juridique clairement établi ». Parmi elles, des enfants, accusés de trahison – un chef d’accusation lourd de sens dans un pays où l’opposition étouffe.

Les prisonniers de la démocratie

La liste des détenus arbitraires s’allonge. Tundu Lissu, chef du parti d’opposition Chadema, figure en tête d’affiche de ces arrestations. Mais il n’est pas seul. « Toutes les figures de l’opposition arrêtées avant les élections générales » doivent être libérées « immédiatement et sans condition », exige Türk.

Le Haut-Commissaire rappelle les fondamentaux : « Il est essentiel que toutes les personnes arrêtées puissent contester efficacement la légalité de leur détention. » Un principe bafoué dans la Tanzanie post-électorale, où la justice semble avoir cédé la place à la raison d’État.

Alors que les familles cherchent toujours leurs disparus, que les corps manquent à l’appel et que l’opposition croupit en prison, une question demeure : la communauté internationale saura-t-elle faire plus qu’exprimer sa « profonde préoccupation » ? Le temps des exhortations est peut-être révolu. Place maintenant à l’action.

Suzuki et la CAF : un partenariat qui roule pour le football africain

HAMAMATSU. Le 11 novembre 2025, loin des pelouses vertes et des ovations des stades, une signature scelle l’avenir du football africain. Dans la cité industrielle de Hamamatsu, berceau nippon de Suzuki, la Confédération Africaine de Football et le géant automobile ont paraphé un accord qui résonne comme un coup de sifflet inaugural. Un partenariat d’envergure qui va embarquer le ballon rond africain sur de nouveaux chemins.

Véron Mosengo-Omba, secrétaire général de la CAF, et Yusuke Kato, directeur général exécutif de Suzuki, ont officiellement acté cette alliance stratégique. Suzuki devient ainsi partenaire mondial officiel des deux joyaux de la couronne footballistique africaine : la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies 2025 au Maroc, et son équivalent féminin en 2026. Le constructeur étend son emprise jusqu’aux compétitions clubs, s’engageant également pour la Ligue des Champions et la Coupe de la Confédération 2026/27.

Quatre tournois, une vision commune

Ce n’est pas un simple contrat de sponsoring. C’est un pont économique et culturel jeté entre l’Afrique et le monde. La CAF et Suzuki affichent une ambition commune : transformer l’énergie brute du football africain en une plateforme commerciale mondiale. Il s’agit de capter la passion des supporters, de magnifier l’excellence sportive du continent, et d’offrir à la marque japonaise un accélérateur de notoriété sans précédent.

« Le sport a le pouvoir de rassembler les gens et de nourrir l’espoir en l’avenir », a déclaré Yusuke Kato, dévoilant la philosophie derrière cet investissement. Une vision qui dépasse le seul cadre mercantile. « Grâce à ce partenariat, nous souhaitons renforcer les liens entre Suzuki, le football et l’Afrique. »

Une mobilité partagée

Pour Suzuki, l’enjeu est clair : s’ancrer durablement dans le paysage africain. Le constructeur ne se contente pas d’apposer son logo sur les terrains. Il mise sur une immersion profonde, promettant de « soutenir tous les passionnés de football en leur offrant le plaisir de la mobilité ». Une formule qui lie directement l’émotion sportive à l’expérience automobile, visant à enrichir le quotidien de millions de fans.

Tandis que le football africain continue son ascension irrésistible, ce partenariat avec un acteur global de l’envergure de Suzuki acte sa nouvelle stature. C’est l’union de la frénésie continentale et de l’ingénierie mondiale. Un mélange détonant qui promet d’emballer les compteurs, sur et en dehors du terrain. Le ballon est rond, l’avenir aussi. Et il roule désormais sous les couleurs de Suzuki.

Budget Jeunesse et Sports 2026 : 39 milliards pour l’avenir

DAKAR – Le ministère de la Jeunesse et des Sports disposera de 38,96 milliards FCFA en 2026. La commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité ce budget lundi. La ministre Khady Diène Gaye l’a défendu devant les députés.

Ce budget répond à plusieurs défis prioritaires. Il vise notamment la promotion sociale et économique des jeunes. De plus, il soutient le développement sportif national à travers des infrastructures et la préparation aux compétitions internationales.

Les jeunes au cœur des priorités

Le budget prévoit d’abord la généralisation des centres conseil d’adolescents (CCA). Ensuite, il permettra l’expansion du New Deal dans toutes les collectivités territoriales. Enfin, il renforcera les programmes de civisme et de citoyenneté.

Le programme des Vacances agricoles et citoyennes sera poursuivi. Ainsi, les jeunes participeront activement aux actions de développement national.

Le sport sénégalais en mouvement

Le développement des infrastructures sportives constitue un axe majeur. Le budget financera 100 plateaux multifonctionnels. Ces équipements de proximité démocratiseront la pratique sportive.

La coopération chinoise permettra de créer un Centre de haute performance au CNEPS de Thiès. Cet investissement améliorera la participation aux compétitions internationales.

L’horizon des JOJ Dakar 2026

L’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse représente un enjeu capital. Le budget 2026 inclut les ressources nécessaires à leur réussite. Cet événement mondial positionnera le Sénégal sur la scène sportive internationale.

En conclusion, ce budget équilibré marque un engagement fort envers la jeunesse et le sport sénégalais. Les investissements prévus transformeront durablement le secteur.

Fièvre de la Vallée du Rift à Fatick : 11 guérisons sur 18 cas confirmés

FATICK – La région de Fatick, frappée par une résurgence de la Fièvre de la Vallée du Rift, commence à voir ses efforts de containment porter leurs fruits. Vendredi, la gouverneure Ngoné Cissé a annoncé que onze des dix-huit cas confirmés de la maladie étaient désormais déclarés guéris. Un rayon d’espoir dans la lutte contre cette zoonose qui a déjà causé deux décès depuis l’apparition du premier cas, le 8 octobre dernier, au poste de santé de Ndiaye-Ndiaye.

Le bilan, dressé lors d’un Comité régional de développement, révèle une situation contrastée. « Cinq autres patients sont toujours sous traitement et nous déplorons un cas grave actuellement suivi », a précisé l’autorité régionale. La maladie, qui se transmet de l’animal à l’homme, touche désormais six des huit districts sanitaires que compte la région, illustrant l’ampleur de la réponse à coordonner.

Un système de crise activé

Face à l’urgence sanitaire, les autorités ont mis sur pied un dispositif structuré. « Un système de gestion de l’incident a été instauré pour définir les rôles, les responsabilités et élaborer un plan d’ensemble », a expliqué Mme Cissé. Cette organisation rigoureuse permet une mobilisation ciblée des acteurs de terrain, essentielle pour circonscrire la propagation de l’épidémie.

« La perspective est assez bonne pour la prise en charge des cas », a tempéré la gouverneure, tout en maintenant un état d’alerte face à une maladie dont la dynamique reste imprévisible. La stratégie repose sur une surveillance épidémiologique renforcée et une prise en charge médicale rapide des nouveaux cas suspects.

La divagation animale, défi sous-jacent

La question de la divagation des animaux dans les artères de la commune a été identifiée comme un facteur de risque majeur. La gouverneure a indiqué que la mairie avait été officiellement saisie pour mettre en œuvre des solutions. « Nous n’avons pas de fourrière, mais le nécessaire est en train d’être fait pour trouver des solutions adaptées », a-t-elle assuré.

Cette reconnaissance publique d’un problème d’urbanisme et de santé animale marque une prise de conscience des autorités sur les causes profondes de la propagation. La gestion des animaux errants, potentiels vecteurs de la maladie, devient un enjeu critique pour prévenir de nouvelles flambées.

Alors que la région respire un peu avec les onze guérisons annoncées, la vigilance reste de mise. Le chemin est encore long pour les cinq patients sous traitement et pour le cas grave dont l’état mobilise une attention particulière. La bataille contre la Fièvre de la Vallée du Rift à Fatick se joue désormais sur deux fronts : le médical pour soigner les malades, et le préventif pour enrayer la chaîne de transmission à sa source.

Dakar digitalise son port : la fin du papier pour les marchandises

DAKAR – Le Port Autonome de Dakar (PAD) s’apprête à tourner une page historique de sa gestion logistique. En partenariat avec la Direction Générale des Douanes, l’institution lancera le 2 janvier 2026 la phase pilote de l’échange électronique des Bons à Délivrer (BADs). Une révolution numérique qui sonne le glas des fastidieuses procédures manuscrites, souvent source de lenteurs et de coûts supplémentaires.

Ce projet ambitieux, porté via le Guichet Unique Portuaire Électronique, représente une avancée majeure dans la transformation digitale de la chaîne logistique. Il vise à consolider la position du port de Dakar comme hub maritime de référence en Afrique de l’Ouest, en renforçant son efficacité, sa transparence et sa compétitivité sur la scène internationale.

L’aboutissement d’un processus collaboratif

Cette phase pilote n’est pas née d’un simple claquement de doigts. Elle couronne plusieurs mois de travail technique et de coordination, matérialisés par la signature d’un protocole d’échanges de données informatisées le 3 juin 2025. Ce partenariat stratégique, associant le PAD, les Douanes, DPW et GAINDE 2000, a permis de jeter les bases solides de cette modernisation.

Concrètement, le nouveau système automatisera intégralement le traitement et le transfert des Bons à Délivrer entre le Guichet Unique et les opérateurs de terminaux. Finis les dossiers papier qui circulaient de main en main, générant délais et risques d’erreur.

Des bénéfices tangibles pour toute la filière

Les retombées de cette digitalisation promettent de transformer l’expérience des acteurs portuaires. Le premier gain réside dans la fluidification des opérations d’enlèvement des marchandises. Les conteneurs quitteront les zones de stockage plus rapidement, réduisant les frais de stationnement pour les importateurs.

La traçabilité renforcée tout au long de la chaîne logistique offrira une visibilité totale sur le statut des marchandises. Chaque acteur pourra suivre en temps réel l’évolution de ses envois, depuis l’arrivée du navire jusqu’à la sortie du port.

La sécurisation optimale des données et transactions éliminera les risques de falsification ou de perte de documents. Enfin, les gains de temps et de productivité seront significatifs pour l’ensemble de la communauté portuaire, des compagnies maritimes aux transitaires.

Préparer l’avenir dès maintenant

Pour assurer le succès de cette transition, la Direction Générale du PAD a lancé un appel aux compagnies maritimes et partenaires. Ils sont invités à désigner leurs points focaux techniques avant le 15 novembre 2025, garantissant ainsi une mise en œuvre harmonieuse de la phase pilote.

Avec cette initiative, le Port Autonome de Dakar confirme sa volonté d’incarner un modèle régional d’innovation. En se positionnant à l’avant-garde de la transformation numérique portuaire, il contribue activement à renforcer la compétitivité du commerce extérieur sénégalais et ouest-africain, préparant l’économie régionale aux défis logistiques du XXIe siècle.

Sénégal-FMI : le choc de la « dette cachée »

DAKAR – « On n’a jamais vu une dette cachée de cette importance en Afrique. » La sentence est tombée, jeudi 6 novembre, de la bouche même d’Edward Gemayel, le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal. Un verdict économique qui suspend, pour l’heure, la conclusion d’un nouvel accord de prêt tant attendu par Dakar. Le montant de cette dette dissimulée ? Près de sept milliards de dollars, accumulés entre 2019 et 2024 sous la présidence de Macky Sall.

À l’issue de deux semaines de discussions intensives, le constat est sans appel. Cette révélation « complique les choses », admet le représentant du FMI, justifiant l’incapacité à boucler les négociations entamées en août dernier. Les équipes vont devoir poursuivre leurs travaux à distance dès la semaine prochaine, bien que l’institution affirme son engagement à parvenir « rapidement » à un accord.

Les conditions du FMI : transparence et réforme

Pour débloquer la situation, le FMI pose des conditions préalables claires. Il exige la mise en place de mesures « correctrices » pour empêcher toute répétition d’un tel scénario. Parmi les réformes demandées : la centralisation de la gestion de la dette sous l’autorité d’un seul ministère et la publication intégrale des résultats de l’audit des arriérés.

L’analyse de la viabilité de la dette sénégalaise, menée conjointement avec la Banque mondiale, patine face à l’ampleur des découvertes. Cette étape est pourtant cruciale : elle déterminera si le fardeau de la dette reste soutenable pour l’économie nationale.

Une tempête financière qui s’annonce

Pour le Sénégal, ce blocage est un coup dur. L’absence d’accord avec le FMI risque d’aggraver une situation financière déjà précaire. Le pays a vu sa note souveraine dégradée à trois reprises en un an par l’agence Moody’s, qui pointe du doigt « l’augmentation des risques concernant la trajectoire d’endettement et la situation budgétaire préoccupante du pays ».

Le ratio d’endettement, désormais chiffré à 132% du Produit intérieur brut, illustre l’urgence de la situation. Edward Gemayel tente de tempérer les inquiétudes : « Il est rare qu’un nouvel accord soit finalisé après une première visite ». Selon lui, un dénouement pourrait intervenir « dans quelques semaines », sans toutevers s’avancer sur un calendrier précis.

Cette révélation d’une dette cachée sans précédent marque un tournant dans la gouvernance financière sénégalaise. Elle expose au grand jour les failles d’un système qui a permis, pendant cinq ans, d’accumuler dans l’ombre un endettement massif, ébranlant la confiance des partenaires internationaux et hypothéquant la marge de manœuvre économique du pays.

Les CAF Awards 2025 à Rabat : le grand rendez-vous du football africain

RABAT – La lumière se braquera de nouveau sur le continent. La Confédération Africaine de Football (CAF) a dévoilé le cadre de sa cérémonie annuelle : les CAF Awards 2025 se dérouleront à Rabat, au Maroc, le mercredi 19 novembre. À 18 heures GMT, l’élite du football africain convergera vers la capitale marocaine pour une soirée de consécration, un mois tout juste avant le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025.

Le choix de Rabat n’est pas un hasard. Après le succès de Marrakech en 2023, le Maroc confirme son statut de place forte du football continental. Le royaume, qui s’est bâti une réputation d’organisateur hors pair, se prépare à offrir un écrin digne de ce gala panafricain. La ville blanche se pare ainsi des couleurs de l’excellence sportive.

Les Sénégalais en position de force

Si toutes les nominations ne sont pas encore officielles, une sélection nationale semble déjà pointer en tête des pronostics : le Sénégal. Les Lions de la Téranga et leurs représentants sont annoncés dans plusieurs catégories majeures. Du titre de Joueur africain de l’année à celui d’Entraîneur, en passant par le Club et l’Équipe nationale de l’année, le Sénégal pourrait vivre une soirée historique.

Cette omniprésence sénégalaise raconte une année faste. Elle dessine en filigrane la dynamique d’un football national qui s’est imposé, ces dernières saisons, comme une puissance structurée et talentueuse.

Les trophées qui font la légende

Sous les projecteurs, plusieurs distinctions sculpteront le palmarès de l’année 2025. La plus convoitée, celle de Joueur africain de l’année, couronnera le talent ultime, chez les hommes comme chez les femmes. Le trophée d’Entraîneur de l’année récompensera la stratégie et l’intelligence tactique.

D’autres prix viendront saluer l’effort collectif : l’Équipe nationale et le Club de l’année, là encore pour les sections masculines et féminines. Enfin, le titre de Jeune joueur de l’année offrira un aperçu du futur, mettant en lumière la relève étincelante du continent.

Cette cérémonie des CAF Awards 2025 s’annonce bien plus qu’une simple distribution de récompenses. Elle est le grand raout qui célèbre la vitalité, la diversité et la montée en puissance du football africain sur la scène mondiale. Une nuit de glamour et d’émotion, qui soufflera comme un vent de passion et de fierté un mois avant que les nations ne s’affrontent sur les pelouses de la CAN.

Le budget 2026, premier test de rigueur pour Faye

DAKAR – L’hémicycle retient son souffle. Ce jeudi, le ministre des Finances Cheikh Diba ouvre le marathon budgétaire devant des députés sceptiques. Son arme : un projet de loi de finances de 7 434 milliards FCFA, présenté comme le premier budget de la rupture. Un exercice d’équilibriste entre austérité nécessaire et promesses de campagne.

Le chantier des finances publiques

Le ministre des Finances, flanqué de son homologue de l’Économie Abdourahmane Sarr, plante le décor. Les chiffres tombent, implacables. Le déficit budgétaire, qui avait atteint des sommets sous l’ancien régime, doit être ramené de 7,8% cette année à 5,37% en 2026. « Notre budget est réaliste, rigoureux et ambitieux », assure Cheikh Diba, conscient du défi.

Face à lui, les députés écoutent, calculatrices mentales en action. Ils savent que ce budget constitue le premier vrai test de la politique économique de Bassirou Diomaye Faye. Le ministre le reconnaît : il s’agit de passer « d’une économie de résistance à une économie de performance ».

Les priorités affichées

Le gouvernement mise sur une stratégie à deux vitesses. D’un côté, le resserrement des dépenses courantes. De l’autre, des investissements massifs dans les secteurs clés. Le budget 2026 prévoit ainsi :

  • 400 établissements scolaires à construire ou réhabiliter

  • 2 500 agents de santé à recruter

  • 35 000 jeunes diplômés à insérer annuellement

  • 100 milliards FCFA pour le développement de la Casamance

Des engagements qui visent à concrétiser les promesses de campagne tout en maintenant le cap de la rigueur budgétaire.

L’ombre de la dette cachée

Dans l’hémicycle, un sujet plane sans être nommé : la « dette cachée » de l’ère Sall. Chaque chiffre avancé par le ministre est lu à l’aune de ce passif honteux. Cheikh Diba tente de rassurer : « Nous renforçons la soutenabilité des finances publiques », promettant transparence et redevabilité.

Parmis les mesures phares, la digitalisation de la gestion budgétaire et la révision des codes des impôts et des douanes. Le gouvernement veut « mieux collecter pour mieux redistribuer, mieux dépenser pour mieux servir ».

Les points qui fâchent

Certaines décisions font déjà grincer des dents. Le budget de la Présidence bondit de 160%, atteignant 204,5 milliards FCFA. Le ministre justifie cette hausse par le rattachement d’entités stratégiques comme la DER et le FONSIS. Un argument qui peine à convaincre dans les rangs de l’opposition.

Pendant ce temps, le rythme des auditions s’accélère. Après les Finances, le général Birame Diop présente le budget de la Défense. Jusqu’au 21 novembre, les ministres défileront à raison de deux par jour, dans un exercice de transparence inédit.

Alors que la nuit tombe sur Dakar, le ministre des Finances lance un dernier message : « En votant ce budget, vous validez un engagement national ». Reste à savoir si les députés, face à ce budget austère mais ambitieux, seront prêts à suivre le gouvernement dans cette voie étroite.

Ibrahima Mbaye et Mamadou Sarr, les nouvelles pépites des Lions

DAKAR – La liste tant attendue vient de tomber. Parmi les 27 joueurs convoqués pour affronter le Brésil et le Kenya, deux noms retiennent particulièrement l’attention : Ibrahima Mbaye, la pépite du PSG, et Mamadou Sarr, le défenseur de Strasbourg prêté par Chelsea. Deux nouvelles recrues qui symbolisent le renouveau des Lions du Sénégal.

Les nouvelles têtes du sélectionneur

À seulement 17 ans, Ibrahima Mbaye vit une ascension météorique. Élu « Titi d’or 2024 », le plus prestigieux trophée pour les jeunes du centre de formation parisien, l’attaquant a déjà marqué l’histoire du PSG. Sa titularisation lors de la première journée de Ligue 1, à 16 ans, 6 mois et 23 jours, fait de lui le plus jeune joueur à avoir disputé une rencontre officielle sous le maillot de la capitale.

À ses côtés, Mamadou Sarr, 20 ans, porte un héritage familial lourd. Fils de l’ancien international sénégalais Pape Sarr, le défenseur a suffisamment impressionné pour signer un contrat jusqu’en 2033 avec Chelsea. Prêté immédiatement à Strasbourg, il poursuit sa progression tout en attirant les regards des sélectionneurs.

Le retour des absents et la relève assurée

La liste révèle aussi de bonnes nouvelles. Assane Diao, l’attaquant de Como, fait son retour après plusieurs mois d’absence pour blessure. Rassoul Ndiaye, le milieu de terrain du Havre, retrouve lui aussi le groupe national, confirmant son bon début de saison.

Ces sélections s’inscrivent dans une tradition bien établie : celle des joueurs formés en France qui choisissent finalement de représenter le Sénégal. Comme avant eux Kalidou Koulibaly, Abdou Diallo ou Pape Guèye, Mbaye et Sarr ont tous deux porté le maillot des sélections jeunes françaises avant d’opter pour la terre de leurs ancêtres.

Vers la CAN et le Mondial

Ces deux matches amicaux s’inscrivent dans une perspective plus large. Les Lions préparent activement la Coupe d’Afrique des Nations, qui débute le 21 décembre au Maroc, et la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord.

Face au Brésil, à Londres, puis contre le Kenya, en Turquie, le sélectionneur testera ses nouvelles recrues. L’occasion pour Mbaye et Sarr de montrer qu’ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice d’une sélection déjà riche en talents.

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La liste complète des 27 convoqués mêle donc sagesse et audace. Aux côtés des cadres comme Sadio Mané, Kalidou Koulibaly ou Edouard Mendy, une nouvelle génération émerge, prometteuse et déterminée à écrire sa propre histoire.