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Enseignants décisionnaires : l’État annonce la fin d’une injustice vieille de plusieurs décennies

Le gouvernement affirme avoir définitivement réglé la question des enseignants décisionnaires grâce à l’adoption d’un décret en Conseil des ministres,…

Le gouvernement affirme avoir définitivement réglé la question des enseignants décisionnaires grâce à l’adoption d’un décret en Conseil des ministres, ouvrant la voie à une normalisation attendue depuis des décennies.

 

La principale revendication des enseignants portant sur la situation des décisionnaires dans le secteur de l’éducation a trouvé une issue favorable avec l’adoption récente d’un décret en Conseil des ministres. Une décision qui met un terme à un blocage vieux de plusieurs décennies, selon le ministre en charge de l’Éducation nationale.

« La principale revendication liée à la question des décisionnaires dans le secteur de l’éducation a été réglée avec l’adoption récente d’un décret en Conseil des ministres, mettant fin à une situation restée en suspens pendant plusieurs décennies », a affirmé Moustapha Mamba Guirassy.

Le ministre de l’Éducation nationale s’exprimait, jeudi à Dakar, devant la presse, en marge de la cérémonie de rentrée solennelle de l’Inspection générale de l’éducation et de la formation (IGEF), couplée à l’installation du Comité scientifique de la refondation curriculaire. Selon lui, la satisfaction de cette revendication constitue « une bonne nouvelle » pour l’ensemble des acteurs du système éducatif, rappelant que cette question était restée sans solution pendant de longues années.

« En moins de deux ans, depuis l’arrivée du nouveau pouvoir, ce dossier a été définitivement réglé », a-t-il souligné, précisant qu’un communiqué officiel a été publié pour informer de cette évolution.

En janvier dernier, le nouveau régime avait décidé d’aligner le statut des enseignants dits décisionnaires sur celui de leurs collègues fonctionnaires. Cette mesure concerne près de 7 000 enseignants, selon les syndicats. Elle vise surtout à corriger une « iniquité » héritée de plusieurs décennies, marquée par l’existence de deux catégories d’enseignants : les titulaires, relevant de la fonction publique, et les décisionnaires, non-fonctionnaires.

Ces derniers, bien qu’assumant la même charge de travail et disposant parfois des mêmes diplômes, étaient jusque-là exclus de certains avantages statutaires et percevaient des pensions de retraite inférieures. Les préoccupations des enseignants se concentrent désormais sur l’accélération de la mise en œuvre effective du décret adopté, a indiqué le ministre de l’Éducation nationale.

À ce sujet, il a appelé les membres du G7, qui regroupe les syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation, ainsi que leurs partenaires, à faire preuve de compréhension face aux contraintes liées aux procédures administratives. Le ministre a toutefois assuré que les dernières étapes du processus seront « définitivement évacuées dans les prochains jours », au bénéfice des enseignants qui, selon lui, ont été « injustement traités » par le passé.

Tout en réaffirmant la qualité des relations avec le G7, qu’il qualifie d’« amis et partenaires », Moustapha Mamba Guirassy a exprimé le souhait de voir ces syndicats reconnaître publiquement les avancées enregistrées, notamment l’adoption du décret relatif aux enseignants décisionnaires.

« L’essentiel de leurs doléances a déjà été pris en charge par les autorités », a-t-il insisté, ajoutant que le dialogue social dans le secteur de l’éducation « se déroule dans de bonnes conditions ».

Le ministre de l’Éducation nationale a, par ailleurs, réaffirmé son attachement au dialogue avec le G7 et ses partenaires. Il les a invités à accompagner le processus de refondation de l’école sénégalaise dans un esprit de responsabilité, en particulier sur les questions liées aux revendications sociales. L’école sénégalaise, « déjà fragilisée par des crises cycliques récurrentes, ne saurait être une nouvelle fois prise en otage au détriment des apprenants, des familles et de l’avenir du pays », a-t-il averti.

Le G7, qui regroupe les sept syndicats d’enseignants les plus représentatifs du secteur, prévoit toutefois des débrayages, grèves et marches au cours de ce mois afin de faire aboutir ses revendications. Les syndicats réclament notamment la révision complète du statut des enseignants décisionnaires, l’arrêt de la surimposition systématique des rappels dus aux enseignants, ainsi que la convocation du Comité de suivi des accords conclus avec le gouvernement.

Dans un communiqué, la Coalition nationale pour l’éducation pour tous (CNEPT) a appelé les syndicats d’enseignants à privilégier la voie d’un dialogue « constructif » avec l’État, dans l’objectif de préserver la stabilité du système éducatif. Cette organisation de la société civile spécialisée dans l’éducation invite les différentes parties à poursuivre les discussions « dans un esprit de responsabilité et de préservation de l’intérêt supérieur des élèves ».

La CNEPT exhorte enfin le président de la République et le gouvernement à « veiller au respect strict des engagements pris, notamment sur la question des décisionnaires », afin de restaurer la confiance, d’apaiser le climat social et de garantir la stabilité du système éducatif.

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