Sénégal : le rapport parlementaire sur les produits de la marque SOFTCARE pointe plusieurs insuffisances

L’Assemblée nationale sénégalaise s’est penchée, vendredi 2 octobre 2026, sur le rapport de la Mission d’information parlementaire consacrée à la…

L’Assemblée nationale sénégalaise s’est penchée, vendredi 2 octobre 2026, sur le rapport de la Mission d’information parlementaire consacrée à la commercialisation des produits de marque SOFTCARE au Sénégal. Les députés ont examiné les conclusions de cette mission chargée d’éclairer les circonstances ayant entouré le retrait, puis la remise sur le marché, de ces produits.

Mise en place sur la base de l’article 51 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la mission avait été initiée par la Commission de la Santé, de la Population, des Affaires sociales et de la Solidarité nationale. Son mandat consistait à établir de manière « impartiale, contradictoire et documentée » les faits liés aux différentes décisions concernant les produits SOFTCARE.

Installée le 5 décembre 2025, la mission a poursuivi ses travaux jusqu’au 2 avril 2026. Elle a réalisé 20 auditions et effectué une visite de terrain sur le site industriel de SOFTCARE à Sindia.

Plusieurs acteurs ont été entendus dans le cadre de ces travaux, notamment des responsables de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), des représentants de l’entreprise, des administrations concernées, des organisations professionnelles, des associations de consommateurs et des experts.

La mission a également bénéficié de l’appui technique de la Direction des Services de Planification, de Contrôle et d’Évaluation des politiques publiques (DSPCEPP) et des assistants parlementaires. Leur contribution a notamment porté sur la collecte et l’analyse des documents, la préparation des auditions et la consolidation des différents constats.

Des insuffisances relevées dans plusieurs domaines

Dans ses conclusions, la Mission d’information parlementaire relève plusieurs insuffisances d’ordre technique, administratif et institutionnel. Elles concernent notamment la traçabilité des matières premières, la gestion des situations de non-conformité, la coordination entre les différents services ainsi que la cohérence de la communication institutionnelle.

Le rapport apporte toutefois une précision concernant la présence de matières premières périmées sur le site de SOFTCARE. La mission confirme leur identification, mais estime que les éléments matériels et documentaires recueillis ne permettent pas, à ce stade, d’établir avec certitude qu’elles ont été utilisées pour fabriquer les produits finis.

« La Mission constate que des matières premières périmées ont bien été identifiées sur le site de SOFTCARE. Toutefois, au regard des éléments matériels et documentaires disponibles, elle estime qu’il n’est pas possible, à ce stade, d’établir avec certitude leur utilisation dans le processus de fabrication des produits finis », rapporte l’Assemblée nationale.

Au-delà du dossier SOFTCARE, les travaux parlementaires mettent en avant la nécessité de renforcer durablement les mécanismes de régulation et de contrôle applicables aux produits de santé, aux cosmétiques et aux produits d’hygiène.

Le rapport formule ainsi plusieurs recommandations. Il préconise notamment l’achèvement du cadre réglementaire, le renforcement des pouvoirs d’inspection et la modernisation des systèmes de traçabilité.

La mission recommande également une meilleure coordination entre les institutions concernées, le renforcement des capacités scientifiques ainsi que l’instauration d’un suivi parlementaire régulier des réformes engagées.

À travers l’examen de ce rapport, l’Assemblée nationale entend ainsi poursuivre sa mission de contrôle de l’action gouvernementale, en mettant l’accent sur la transparence, la redevabilité et l’évaluation des politiques publiques.

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